Septembre au jardin


Septembre est pour beaucoup synonyme de la rentrée scolaire, pour le jardinier c’est surtout la fin de l’été et le début de l’automne ! Le mois où l’on récolte encore beaucoup et où l’on prépare son potager d’automne-hiver.

Cette année, pour la collection automne-hiver, la mode est aux choux frisés assortis de scaroles… ;p

En septembre, beaucoup de conseils du mois d’août sont toujours valables.

Côté potager :

Continuez vos récoltes et regarnissez les emplacements fraichement libres de votre potager au fur et à mesure.
Vous pouvez aussi semer ou repiquer aux pieds de vos plants en fin de végétation (courgettes, tomates, aubergines…), ceux-ci feront une ombre bienvenue sur vos jeunes plants d’automne et leurs laisseront la place pour s’épanouir une fois totalement flétris (ou retirés).

Pensez toujours aussi à la biodiversité de votre jardin en laissant les plants morts en place, ils serviront ainsi durant l’hiver d’abris pour pas mal d’insectes utiles au jardin (les coccinelles affectionnent les tiges creuses des plants de tomates par exemple) et se décomposeront ensuite pour nourrir votre sol.

Pour vos semis, utilisez un mulch fin pour les recouvrir une fois semés. Certains semis peuvent même se faire au travers de ce fin paillage, passez juste un coup de griffe pour qu’ils soient incorporés au sol. Arrosez ensuite copieusement. Les jeunes plantules ne tarderont pas à percer la faible épaisseur de mulch. Celui-ci pourra être regarni quand les plantules seront suffisamment grandes.

Les semis n’ont aucun mal à percer une faible couche de mulch. ici, plantules de mâche.

Semis : Choux, coriandre, épinards, mâches, moutarde, navets d’hiver, oignons, phacélie, poireaux, radis, roquette, salades, trèfle incarnat, …
Plantations : Choux, épinards, mâches, roquette, salades,…

Semez de l’engrais vert sur les zones non cultivée de votre potager : Luzerne, trèfle incarnat, phacélie, moutarde,…En mélange, c’est encore mieux. Outre l’aspect plus esthétique que cela donne à votre potager, ces plantes vont décompacter votre sol, lui apporter de l’azote, le protéger des intempéries hivernales, empêcher l’invasion d’adventices et servir de refuge à de nombreux auxiliaires durant l’hiver. Au printemps, quand vous souhaiterez réinvestir la parcelle, fauchez l’engrais vert et mettez une bonne couche de mulch par-dessus 2 ou 3 semaines avant. Votre sol sera ainsi prêt pour de nouvelles plantations.

Les engrais verts ont de nombreuses fonctions mais sont aussi très esthétique! Ici trèfle incarnat et phacélie en mélange.

Penser aux plantations futures, c’est bien, mais encore faut-il s’occuper des plantations estivales!

La fin d’août a été pluvieuse et malgré toutes vos précautions, vos plants de tomates sont attaqués par le mildiou
Ne baissez pas les bras ! Le mildiou est un champignon qui attaque la plante et se propage par spores. Dès les premiers signes d’attaque, il est encore temps d’agir, mais rapidement, car le mildiou peut décimer vos plants en quelques jours. Supprimez les feuilles atteintes et éloignez-les de la zone cultivée. Vous limiterez ainsi la vitesse de propagation du champignon. Plutôt que de tout badigeonner de bouillie Bordelaise ayez recours à des traitements plus naturels et moins destructeurs,  vous pouvez, par exemple, pulvériser une infusion à base de sauge. Pour cela, faites frémir 10 litres d’eau avec 1 kg de sauge fraîche (250 gr de feuilles séchées) puis laisser le mélange refroidir totalement avant de pulvériser les plants atteints avec cette infusion tous les 2-3 jours. Vous pouvez aussi traiter tous les 3 jours avec une décoction d’ail ( 100 gr d’ail dans 1 litre d’eau, faire bouillir 5 minutes et laisser refroidir, la conservation est limitée à quelques jours) ou de la cannelle en poudre. Les traitements apportés n’éradiqueront pas le mildiou, mais ralentiront sa propagation, laissant ainsi le temps à une bonne partie de vos tomates pour finir de mûrir. Les tomates dont les plants sont atteints de mildiou sont toujours consommables si elles sont sans tâche. Et si elles n’ont que de petites tâches, retirez les zones contaminées au moment de les cuisiner car elles ont mauvais goût.
L’année prochaine, évitez de planter des solanacées au même endroit, une fois que la terre est contaminée, le champignon peut survivre 5 ans. Prélevez aussi les graines de vos plants épargnés ou moins atteints, ils sont plus résistants et donneront des graines plus résistantes aussi. Et si comme chez moi, l’ensemble de votre terrain est contaminé, ne perdez pas espoir ; à force de renforcer vos plants en amont (avec, par exemple, de l’ortie) et de sélectionner vos graines, vos récoltes résisteront de plus en plus au mildiou au fil des années. Le jardinage au naturel est une vraie histoire de patience !

Dès l’apparition des premiers symptômes de mildiou, retirez les parties atteintes de la plante.

Même si vos plants sont touchés par le mildiou, ralentir sa progression vous permettra de récolter encore plusieurs fruits.

Et vos plants de courges et courgettes ? Leurs feuilles se sont recouvertes d’un duvet blanc ? De nouveau, un champignon en est la cause : L’oïdium. Plus exactement, plusieurs champignons peuvent en être la cause, on parlera de la maladie du blanc (l’oïdium en est un). Ces champignons apparaissent quand l’humidité est présente et quand les écarts de températures entre le jour et la nuit deviennent importants (en mai et en septembre). Ils appartiennent à une famille nombreuse, dont les différents membres s’attaquent au rosier, au pied d’alouette, au bégonia, au melon, à la courgette, à la tomate, à la vigne, au pommier, au groseillier à maquereau… Bref, des généralistes !
Une nouvelle fois, pas de panique, l’oïdium (at autres « blancs ») est une maladie plus dommageable pour l’esthétique que pour la survie de la plante, elle s’attaque aux feuilles mais les fruits restent consommables. Les plantes vivaces infestées ont eu le temps de préparer leurs réserves pour l’année prochaine, mais les annuelles peuvent connaître une fin de vie précoce. On peut agir pour éviter son expansion et la fin prématurée des plants. Comme pour le mildiou, supprimez et écartez les feuilles atteintes pour limiter sa propagation. Pour traiter vos plantes, diluez un litre de lait pour neuf litres d’eau et pulvérisez cette mixture sur le feuillage. Utilisez de préférence un lait écrémé afin d’éviter les mauvaises odeurs. Vous pouvez aussi utiliser une décoction d’ail.

Un duvet blanc sur vos feuilles de courgettes? Pulvérisez du lait dilué ^^

Si vous voulez en savoir plus concernant les maladies des plantes et les remèdes naturels, inscrivez-vous au prochain atelier « La santé des plantes » 😉

Pour la récolte des courges, contrairement aux courgettes, attendez bien que la plante soit complètement desséchées ou que le fruit soit prêt à tomber de lui-même (pétiole tout sec), car non seulement la plante enrichit son fruit en nutriments jusqu’à la fin et en plus il se conservera plus longtemps.

Continuez donc à récolter et ne baisser pas les bras, c’est en jardinant qu’on devient jardinier !

Côté pelouse :
Si je ne vous ai pas encore converti à la pelouse « sauvage », c’est le bon moment pour scarifier et ressemer votre pelouse.

Côté jardin d’ornement:
Poursuivez la récolte de graines lors de vos ballades, semez-les directement (la nature le fait maintenant) ou stocker-les pour les semer l’année prochaine.

Votre camomille a perdu de sa superbe… récoltez quelques graines pour semer ailleurs l’année prochaine, laissez les autres en place pour un semis naturel et nourrir les auxiliaires.

Septembre est encore un très bon mois pour bouturer les tiges aoûtées des arbustes (qui ont passées le mois d’août, les tiges vertes sont en cours de lignification et deviennent brunes) : Berberis, géraniums, hortensias, if, phlomis, potentille, rosiers, troène, … Après avoir prélevé une tige de 15 cm et que vous aurez coupez les feuilles du bas en laissant 4-5 feuilles à l’extrémité, vous la plantez dans un mélange terre-sable (vous pouvez enduire l’extrémité d’hormone de bouturage ou d’eau de saule pour une meilleure reprise). Ces boutures vont rester à l’abri tout l’hiver afin de bien s’enraciner et pourront être plantées au printemps suivant.
Bouturez aussi ageratums, calocéphalus, irésines, cinéraires maritimes, corbeilles-d’or, germandrées, épilobes, œillets, phlomis, renouées, romarin, romneyas, rues, sauges, scabieuses, verveines rugueuses,…

Branche de romarin sélectionnée pour être bouturée.

Prélevez une tige de l’année de +/- 15 cm.

Retirez les feuilles sur les 2/3 de la hauteur.

Plantez la tige dans un substrat drainant (terreau/sable) et garder le substrat humide mais pas gorgé d’eau.

Autre méthode de reproduction applicable en septembre : le marcottage. Pour les rhododendrons et plantes grimpantes (glycine).

Diviser et planter les touffes de vivaces (gaillardes, hémérocalles, heuchères, iris des jardins, muguets, pivoines herbacées, primevères, œillets mignardises,…).

Plantations (fin du mois): bulbes à floraison printanière, vivaces à floraison printanière; pulmonaire, campanules médiums, giroflées, myosotis, œillets de poète, pâquerettes, pensées, …, , arbustes à feuillage persistant,…
Semis : bisannuelles à floraisons printanière, annuelles rustiques, pavots vivaces,…

Les lourdes fleurs des dahlias peuvent briser les tiges, aidez-les avec un tuteur 😉

Continuez à placer des tuteurs auprès de vos plantes qui risquent de casser sous leur poids (dahlias,…), à retirez les fleurs fanées des vivaces et surtout à mulchez vos parcelles avec les « déchets » du jardin (c’est bientôt la période des feuilles mortes !).

L’hibiscus fleurit tard dans la saison…

Prolongez sa floraison en supprimant les fleurs fanées.

Et comme toujours, pensez aux occupants du jardin en laissant des zones « sauvages » non fauchées, ne nettoyez pas trop votre jardin avant le printemps, laissez sur pieds des plantes séchées, laissez-leur des abris naturels (tas de branches, de feuilles,…),… Ils vous remercieront l’année prochaine en vous aidant au jardin 😉

Lorsque vous coupez des tiges (ici datura avant invasion), ne coupez pas à raz. La tige creuse restante servira d’abris pour l’hiver. Placez le reste des tiges coupées en tas, à l’abris et en hauteur pour héberger entre autre des abeilles solitaires.

Enfin, profitez encore et toujours de ces belles journées à venir pour vous détendre dans votre jardin et apprendre à le connaitre !

Votre coach.

Pour rappel, je vous propose de nombreux ateliers thématiques sur le jardinage au naturel pour vous aider à mieux entretenir et comprendre votre jardin.

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