La multiplication des plantes 2


Profiter d’un jardin est source de bonheur, et quand on commence à prendre goût au jardinage, on se découvre l’envie de multiplier ses plantes pour pouvoir agrémenter un massif ou faire plaisir à une connaissance en lui offrant un « bout de son jardin » ! Quoi de plus merveilleux quand on devient amoureux des plantes et de la nature de pouvoir les reproduire pour profiter au maximum de tout ce qu’elles ont à nous offrir ? Multiplier ses plantes est à la portée de tous, laissez-moi vous faire le tour des différentes manières de faire…

Pour commencer, il faut distinguer 2 méthodes principales de multiplication des plantes : la reproduction sexuée et la multiplication végétative.

La reproduction sexuée nécessite une fécondation entre 2 gamètes (mâle et femelle) et donne comme résultat, chez les plantes, les graines qu’il nous suffit alors de semer (ou de laisser se ressemer…).
Cette méthode de reproduction assure un brassage génétique des plantes, la nouvelle plante ayant hérité de ces deux parents, et permet à celles-ci de s’adapter et d’évoluer via la sélection naturelle des espèces. C’est aussi grâce à ce brassage génétique que de nouvelles variétés de plantes voient le jour naturellement ou aidées par l’homme (on parlera alors plutôt de ‘cultivar’).

Chaque plante issue de ce type de reproduction (et donc d’une graine), est un mélange génétique de ses 2 parents et peut donc être différente d’eux. On peut avoir plusieurs cas de figure : soit les 2 parents sont issus de la même variété, soit ils sont de variétés différentes (mais de la même espèce sinon ils ne peuvent pas se reproduire). Si les 2 parents proviennent de la même variété (et que celle-ci est génétiquement stable), les plantes issues de leur croisement seront semblables.
Mais si les parents sont issus de deux variétés différentes, ou d’une variété F1 (première génération d’hybridation, les gènes ne sont pas encore « fixés ») leur descendance pourra donner des hybrides dont les caractéristiques sont parfois surprenantes !
Lorsque vous avez affaire à des graines de plantes comme les tomates, les haricots, les pois,… dont les fleurs présentent à la fois les organes mâles et les organes femelles, le risque d’hybridation est moindre car il y a généralement autofécondation. Par contre, quand on considère des plantes comme la courgette, dont les fleurs mâles sont différentes des fleurs femelles, les risques de mauvaises surprises sont plus grands. Ces plantes qui favorisent la fécondation croisée entre deux individus seront plus vite sujettes à hybridation avec d’autres de la même espèce. Or bon nombre de nos courges sont des variétés différentes d’une même espèce : Cucurbita pepo. Ainsi, une courgette verte pourra sans problème féconder un pâtisson et du coup les graines de celui-ci donneront un hybride qui pourrait ne pas être comestible… Par contre, un potiron ne s’hybridera pas avec une courgette, ce sont 2 espèces différentes.

La multiplication végétative quand à elle réserve moins de surprise, en effet, quelle que soit la méthode utilisée, le résultat est un clone de la plante mère qui lui sera donc semblable en tous points. La nature nous permet donc de reproduire à l’identique et autant de fois que l’on veut une plante car, contrairement à nous, les plantes peuvent recréer des organes vitaux comme les racines !

On peut ainsi multiplier bon nombre de plantes par bouturage, marcottage, greffage ou par une simple division. Dans tous les cas, la plante que l’on va sélectionner pour la multiplication devra être saine, bien formée et exempte de maladie car si elle est infectée par une maladie (un virus par exemple), celle-ci sera transmise à la descendance… logique vu qu’on fait une copie de la plante !

Le bouturage :

Le principe du bouturage est simple : on prélève un organe végétal (tige, feuille, racine) et on le plante dans un substrat adéquat pour qu’il s’enracine et recrée une copie de la plante mère. Plusieurs techniques existent mais ne s’adaptent pas à toutes les plantes et à toutes les saisons.

La bouture de tige :

La bouture de tige est la plus courante tant elle est simple et convient à de nombreuses plantes.

1 : Quand et que bouturer?

On peut bouturer presque toute l’année, mais la période dépendra du type de plante.

Au printemps et début de l’été sur les boutures herbacées :

Les boutures sont prélevées sur des rameaux de l’année. Pour aucubia, berberis, fushia, millepertuis, chrysanthèmes, anthémis, œillets, aubriète…

Fin de l’été sur le bois semi-aoûté :

Les boutures sont prélevées sur les jeunes rameaux encore tendres, mais qui commencent à se lignifier (se durcir) sur leur base : fuchsia, pelargoniums, géraniums,  arbustes au feuillage persistant,…

Automne sur le bois sec :

Les boutures sont prélevées sur des rameaux « secs », qui ont perdus leurs feuilles et dont la sève est retournée dans les racines : arbres, arbustes au feuillage caduc, petits fruitiers, plantes grimpantes,…

2 : Comment procéder ?

On va sélectionner une tige qui compte au moins 3 ramifications (yeux) qui porte des feuilles (sauf en hiver !) mais pas de fleurs (celles-ci demandent beaucoup d’énergie à la plante, or celle-ci aura besoin de cette énergie pour refaire des racines) et qui fait au moins 10-15 cm de longueur. On va inciser proprement cette tige à 45° sous un œil, celui-ci est le point de départ de la formation des racines.
On va ensuite couper le bourgeon terminal (pour privilégier le développement des racines et non celui de la tige) et les feuilles et pousses latérales sur la partie de la tige qui sera enfouie dans la terre (pour éviter qu’elles ne pourrissent).

Il faut ensuite repiquer les boutures, en pot, en jardinière ou en pleine terre dans un substrat léger et drainant, composé d’un mélange de terreau de feuilles et de sable (ou un terreau spécial semis et bouturage, vendu en jardinerie). Tassez-le légèrement avant d’y insérer vos boutures sur la moitié de leur longueur, pour les boutures herbacées préformez le trou d’insertion pour éviter de casser la tige en l’enfonçant,  arrosez ensuite pour bien tasser le substrat (rajoutez-en si nécessaire), puis placez vos boutures dans un endroit abrité, à la mi-ombre.

Pour de plus grandes chances de réussites, on procèdera le matin pour que la bouture ait une bonne réserve d’eau et rapidement pour qu’elle ne dessèche pas.

Sélection de la tige (romarin)

nettoyage de la tige

Plantation de la tige

La bouture de racine :

Cette technique de bouturage est simple et ne demande pas de soins particuliers. Elle ne permet cependant pas d’obtenir beaucoup de boutures (au risque d’affaiblir la plante mère).

1 : Pour quelles plantes ?

Les arbustes drageonnants (les framboisiers, le corète du Japon (Kerria japonica), les rosiers rugosa, le sumac de Virginie (Rhus typhina), …) et les espèces vivaces à racines charnues et épaisses comme la consoude, la molène, les phlox, l’acanthe, l’anémone du Japon, la gaillarde, les pivoines vivace et arbustive, le pavot d’Orient, le statice, le lupin, le géranium sanguin…… peuvent se bouturer à partir d’un morceau de racine.

2 : Quand et comment procéder ?

En hiver (hors période de gel), lorsque les plantes sont en dormance, on va prélever la plante à l’aide d’une fourche bêche en faisant attention à ne pas abimer les racines. Pour les arbustes drageonnants, inutile de prélever la plante, il suffit de creuser sur le côté pour atteindre les racines. Une fois la racine extraite, on va en sectionner un morceau que l’on débitera en tronçons de 3 à 10 cm de long (en fonction de la taille de la plante) avec un sécateur affuté et désinfecté en veillant à ce qu’il y ai au moins un bourgeon sur chaque éclat. On va ensuite très vite remettre en terre la plante mère, dont les racines ne doivent pas rester longtemps à l’air et s’occuper des éclats de racines.

Les racines peuvent être repiquées directement en pleine terre (pour la consoude par exemple) ou en caissette dans un mélange léger et drainant (mélange terreau-sable ou terreau de rempotage). Humidifiez la terre, déposez vos morceaux de racine à l’horizontale (pour les drageonnantes) et recouvrez d’une fine couche de terre (2 à 3 cm) avant d’arroser pour bien tasser. Veillez à respecter le haut et le bas; les bourgeons sur les racines (qui produiront les futures tiges) doivent être orientés vers le haut, comme ils étaient sur la plante mère. Placez ensuite simplement votre caissette dans un endroit abrité, hors-gel mais non chauffé. Vaporisez de temps à autre le substrat pour lui conserver une humidité raisonnable (pas davantage : vous feriez pourrir les racines). Aux alentours d’avril-mai, des tiges devraient commencer à poindre. Vous pourrez placer en pleine terre vos nouvelles plantes au printemps si elles sont assez vigoureuses (bon développement des racines) ou l’automne suivant sinon.

Racine de consoude

La bouture dans l’eau :

Certaines plantes émettent très facilement des racines lorsqu’on place une de leurs tiges vertes dans un verre d’eau. Pour garder une eau bien claire, mettez-y quelques morceaux de charbon de bois ou changez-la régulièrement le temps que la plantule fasse ses racines. C’est une méthode simple et ludique, seul bémol, la reprise de la plante, une fois mise en terre, est parfois plus difficile que pour un bouturage classique.

1 : Pour qui ? Les plantes d’appartement, comme le bégonia, le dieffenbachia, la misère ou le philodendron, mais aussi le laurier-rose, le lierre, le papyrus, le saule, la menthe…

2 : Quand ? Printemps/été.

Tige de misère

une fois nettoyée, plus qu’à mettre dans l’eau…

La bouture de feuille :

La bouture de feuille consiste à prélever une feuille munie ou non de son pétiole et d’obtenir à partir de celle-ci une plante identique à la plante mère quelques semaines après. Ce bouturage de feuille peut être effectué dans l’eau ou dans un substrat léger selon la variété bouturée.

1 : Pour quelles plantes ? Pour les plantes à feuilles charnues des plantes d’appartement, mais aussi sur les fuchsias, pourpiers, sedums…

2 : Comment procéder ?

Remplissez une caissette d’un mélange léger composé d’une part de terreau, une part de tourbe et une part de sable grossier. Ce mélange devra être maintenu humide.

Ensuite, tout dépendra de l’espèce : soit les feuilles seront directement plantées dans le mélange au niveau du pétiole (pour les Saintpaulias, pépéromias et bégonias,…) ; soit elles seront incisées au niveau des nervures présentes au revers des feuilles (pour les génesriacées comme le gloxinia et sur les Streptocarpus).

Dans les deux cas, n’oubliez pas de placer la caissette dans un endroit très lumineux sans soleil direct et à une chaleur maintenue constamment aux alentours de 20°. Humidifiez souvent le mélange, soit par capillarité soit par vaporisations en prenant soin de ne pas mouiller les feuilles. Des plantules devraient apparaître au bout d’un mois.

Le cas spécial des plantes grasses : Il suffit de détacher une feuille à sa base et de la laisser sécher jusqu’à ce que se forme un cal. Plantez ensuite la feuille directement dans du sable. Des racines devraient bien vite se développer. Les opuntias, les echeverias, certains crassulas et sédums mais aussi le schlumbergera ou l’epiphyllum sont bien adaptés à cette méthode.

La bouture de feuilles se pratique toute l’année pour les persistants et quand les feuilles sont bien développées pour les autres.

Saintpaulia

Prélevez quelques feuilles

Insérez le pétiole dans un substrat drainant

La bouture en talon :

La bouture en talon se fait sur un jeune rameau secondaire, auquel on a conservé l’empâtement qui le réunissait à un rameau principal de l’année précédente. Ce talon ainsi obtenu correspond à une zone propice à la fabrication de racines. On accroît ainsi les chances de réussite de l’opération, mais le prélèvement du talon peut causer des dommages à la plante-mère.

1 : Pour qui ? Les plantes qui « font du bois » : vivaces semi-arbustives (romarin, lavande…), rosiers, arbustes (forsythia, lilas, sureau…), grimpantes (clématite, vigne…), conifères (thuya, if…) peuvent bénéficier de ce bouturage.

2 : Quand ?  Printemps, fin d’été ou automne.

La bouture en crossette :

C’est une variante de la bouture à talon, à la différence que l’on conserve une section entière d’1,5 cm environ du rameau principal (ce qui donne à la bouture une forme de petite crosse).

1 : Pour qui ? La méthode est surtout utilisée pour les plantes lentes à prendre racine, à tiges creuses ou à moelle, la lignine protégeant les tissus fragiles des champignons pathogènes : berbéris, figuier, spirée, sureau, vigne, lilas…

2 : Quand ? Été, début d’automne.

La bouture d’œil :

Elle se compose d’un petit morceau de rameau de l’année (2 à 5 cm de long) doté d’un œil axillaire (à l’aisselle d’une feuille), ce dernier ayant la possibilité de se développer et de former une tige. Cette technique permet d’obtenir plusieurs boutures sur une même tige, mais le développement de la bouture en plante est long.

1 : Pour qui ? Essentiellement pour le camélia qui est lent à s’enraciner, mais aussi l’hortensia, le rhododendron, la vigne et les ronces.

2 : Quand ? Fin d’été, début d’automne.

La bouture en plançon :

C’est la bouture la plus rapide à réaliser : une branche droite coupée de biais et plantée directement dans le sol, pas besoin de préparer un substrat léger et drainant.

1 : Pour qui ? Elle convient seulement aux arbres les plus conciliants, comme le peuplier ou le saule.

2 : Quand ? Du milieu de l’automne au milieu de l’hiver, quand la plante est au repos végétatif.

La bouture à l’étouffée :

Pour maximiser les chances de réussites de bon nombres de plantes, on va faire une « bouture à l’étouffée ». La technique consiste à créer un milieu confiné et saturé d’eau pour favoriser l’enracinement des boutures. On peut utiliser une miniserre, recouvrir le pot d’une cloche ou d’une bouteille en plastique dont le fond a été coupé, ou enfermer le contenant dans un sac en plastique transparent. L’humidité de l’air ambiant limite le phénomène d’évaporation-transpiration et, concrètement, évite à la bouture de se dessécher. Car tant que les racines ne sont pas bien développées, la reprise dépend essentiellement de la photosynthèse produite par les quelques feuilles laissées sur la tige. On évitera toutefois cette technique pour les plantes sensibles au pourrissement (le saintpaulia par exemple).

Les hormones de bouturage :

Pour favoriser la reprise de vos boutures, vous pouvez utiliser des hormones de bouturage. Celles-ci vont favoriser le développement des racines de vos boutures. Ce genre de produit se trouve facilement dans les jardineries, mais je vous conseille de les réaliser vous-même d’autant plus que le procédé est très facile.

Ainsi, vous pouvez faire votre « eau de saule » : l’écorce des saules contient une substance, la salicyline, qui a la propriété d’empêcher, chez les végétaux, la cicatrisation des plaies de coupe ainsi que la déshydratation du rameau. Dans le cas d’une bouture, le végétal, empêché de former un cal au point de coupure, émet plutôt des racines : la salicyline est ainsi une hormone de bouturage naturelle. On l’extrait de l’écorce des saules en préparant de l’eau de saule.

Pour fabriquer votre eau de saule, coupez des branches de saule lignifiées (saule blanc, saule pleureur, saule marsault…). Faites-les tremper dans de l’eau pendant 4 à 6 semaines. Au bout de ce temps de macération, un gel se sera formé en surface de l’eau et sur le bois (et sur les racines qui se seront éventuellement formées). Ce gel est très riche en salicyline : récupérez-le et placez-le dans un petit bocal en verre. Utilisez-le comme hormone de bouturage : enduisez-en vos boutures avant de les mettre en terre. Attention, ce gel ne se conserve pas longtemps : préparez régulièrement de l’eau de saule pour avoir toujours de l’hormone de bouturage à disposition.

Autre méthode, plus rapide, pour les plantes qui se bouturent dans l’eau : débitez en rondelles des branches de saule (écrasez-les éventuellement au marteau) et faites tremper ce bois dans de l’eau pendant quelques jours. Retirez ensuite le bois et utilisez l’eau (riche en salicyline) pour le bouturage.

Vous n’avez pas de saule sous la main ? En remplacement du saule, on peut aussi utiliser des ronces. Dans ce cas, c’est l’auxine que l’on va chercher à extraire comme hormone de bouturage (elle déclenche les processus de division cellulaire nécessaire à la formation de racines). L’auxine se trouve en grande quantité dans les petites racines blanches qui se développent aux endroits où la ronce se marcotte. On va prélever et hacher finement ces racines et les faire macérer 24h dans de l’eau. Faites ensuite tremper 24h vos boutures dans cette eau concentrée en hormones avant de les mettre en terre.

De l’auxine, on en trouve aussi beaucoup dans les grains d’avoine, de blé ou d’orge qui germent. Un vieux truc de jardinier est d’insérer un grain d’avoine à la base de la bouture en fendant précautionneusement la base de la tige avant d’insérer la bouture dans son substrat. En germant, le grain d’avoine produit de l’auxine qui semble profiter aux tissus de croissance de la bouture et favoriser, ainsi, la formation des racines adventives.

Enfin, l’urine et la salive contiennent également des auxines. Une application sur la base de la bouture de l’un ou de l’autre agit comme une hormone de bouturage…

Le marcottage :

Le marcottage est une technique de multiplication végétative particulièrement adaptée aux plantes grimpantes ou aux arbustes ligneux aux branches souples qui consiste simplement à enterrer une partie de la branche de l’arbuste (ou de la plante grimpante) et d’attendre….

À la différence du bouturage, le marcottage se fait sans séparer la future « nouvelle  plante » du pied mère, du moins, pas tant que celle-ci n’aura pas fait de nouvelles racines. Du coup, on va préférer cette méthode pour les plantes qui ont difficile à se bouturer, car elles restent sous le « cordon ombilical » du pied mère. La nouvelle plante ainsi obtenue ne sera détachée que lorsqu’elle sera capable de s’alimenter et de croître grâce à ses nouvelles racines, ce qui se traduira par l’émission de nouvelles pousses vigoureuses.

Le marcottage peut se faire toute l’année mais le printemps et l’automne sont plus propices.

Certaines plantes se marcottent naturellement, comme la ronce (mûres) ou le cyprès de Leyland dont la moindre branche dont l’extrémité affleure le sol prend racine, ainsi que toutes les plantes à stolons, comme le fraiser et de nombreuses plantes couvre-sol comme le lierre terrestre et les lamiers. Pour toutes ces plantes qui se marcottent naturellement, il suffit de mettre un pot avec du substrat drainant (mélange terreau-sable) sous une tige prête à s’enraciner ou sous le nœud d’un stolon et de maintenir la plante en contact avec le substrat.

Dès qu’une extrémité de tige de ronce touche le sol, elle s’enracine.

Placez un bac rempli de substrat drainant sous les tiges pour les marcotter facilement.

Protégez ensuite le bac avec, par exemple, une bonne couche de feuilles mortes…

On peut aussi multiplier par marcottage des plantes qui ne le font pas naturellement, on choisira la méthode en fonction du type de plante :

Marcottage par couchage :

Cette méthode, la plus fréquente, fonctionne bien pour les arbustes et plantes grimpantes à tiges souples : Chèvrefeuilles, clématites, framboisiers, groseilliers à fleurs, hortensia, jasmin, kiwi, lierre, noisetier, potentille, rhododendron, ronce, vignes, viornes, ainsi que pour certaines plantes d’intérieur (chlorophytum, ceropegia, cissus, saxifrage,…)

Creusez un sillon dans la terre à proximité de la plante. Choisissez un rameaux situé en périphérie et couchez le dans le sillon préalablement créé après avoir retiré toutes les feuilles là ou  la branche va être enterrée. Vous pouvez aussi inciser légèrement l’écorce en contact avec le sol pour favoriser l’enracinement. Fixez avec une pierre, une branche ou un cavalier métallique et rebouchez le sillon avec de la terre meuble ou mieux, un mélange constitué de sable et de tourbe. Relevez ensuite l’extrémité et fixez-la verticalement à un tuteur.

Au mois de novembre votre nouvelle plante sera prête à être replanté en pot individuel. Assurez vous bien que votre marcotte à émis de nouvelles pousses vigoureuses avant de la séparer de son pied mère. Vous pouvez aussi bien sûr marcotter votre plante directement dans un pot que vous aurez placez à proximité de la plante mère, mais veillez alors à garder le substrat humide (en pot il va se dessécher plus vite).

Marcottage en cépée :

Pour les bruyères et buissons à tiges courtes: seringat, cognassier du japon, cognassier, forsythia, noisetier…

Le marcottage en cépée permet d’obtenir de nombreuses jeunes plantes à partir du pied mère.
Après un rabattage à 20 cm du sol au printemps, buttez la plante avec un mélange de tourbe et de sable. La base des jeunes tiges va pouvoir s’enraciner dans ce mélange.
Au printemps suivant il ne vous restera plus qu’à retirer la terre et à prélever les nouvelles plantes.

Marcottage aérien :

Le marcottage aérien est pratiqué sur des sujets dont il est difficile de ployer les tiges car elles sont trop rigides ou cassantes : érables, hibiscus, laurier rose, lilas, magnolias,…
et pour les plantes d’intérieur : aralia, caoutchouc, cordyline, dracaena, ficus, philodendron, yucca…

La tige devra donc s’enraciner hors du sol. Pour cela, débarrassez la tige de ses feuilles à l’endroit où sera pratiquée la marcotte et incisez-la délicatement en biseau. Placez un bout d’allumette dans cette plaie pour éviter qu’elle ne se referme et entourez-la de sphaigne humide que vous maintiendrez sur la tige à l’aide d’un manchon en plastique attaché aux deux extrémités.

L’enracinement est assez long avec cette technique, elle sera donc pratiquée au printemps. Lorsque le manchon est rempli de racines, coupez la tige pour la séparer de la plante mère et installez la nouvelle plante en pot individuel jusqu’à la complète reprise.

Marcottage en serpenteaux :

Il se pratique sur les plantes grimpantes et celles possédant des rameaux assez souples et longs pour être couchés au sol : clématites, chèvrefeuilles, glycine, jasmin, passiflore, vigne vierge,….

C’est une variante du marcottage par couchage qui nécessite une plus grande longueur de tige. Pratiquez une incision de 3 cm de long sur la tige juste derrière un bourgeon, vous pouvez reproduire ce geste à intervalles réguliers tout le long de la tige. Enterrez alors les points incisés directement au sol et maintenez-les au sol à l’aide d’un crochet métallique ou d’un objet lourd. Les parties intervalles seront laissées à l’air libre formant des arcs de cercles. L’enracinement interviendra au bout de quelques mois ; il sera alors temps de séparer les nouvelles plantes du pied mère pour les faire croître en pots individuels avant de les réinstaller au jardin le printemps suivant.

Marcottage à long bois :

Autre variante du marcottage par couchage, le marcottage à long bois s’applique à des plantes à pousses longues et souples comme les noisetiers, chèvrefeuilles, saules, lierre, forsythias…

Dans cette technique, on enterre quasiment la totalité du rameau pour multiplier les ramifications et les nouvelles pousses. Au départ, la branche n’est enterrée que dans 5 cm de mélange terre/sable. Quand des pousses grandissent, on les recouvre petit à petit du même mélange ce qui améliore fortement l’enracinement. Il est important de bien attendre l’arrêt complet de la végétation pour sevrer la plante. Même si cette technique permet une production plus importante, le marcottage à long bois a épuise un peu la plante mère, n’en abusez donc pas.

Quelle que soit la technique de marcottage utilisée, travaillez toujours avec des outils de coupe (sécateurs, couteau) propres, affutés et désinfectés pour ne pas blesser ou contaminer les plantes. Veillez toujours à ce que le substrat reste humide (pour ne pas que les jeunes racines en formations ne se dessèchent) mais pas détrempé (pour permettre la respiration des racines en formations et éviter les risques de moisissures).
Tout comme pour le bouturage, vous pouvez faciliter la reprise de la marcotte en utilisant une hormone de bouturage.
Pour le marcottage sur tige ligneuse, préférez toujours le bois aoûté (souple mais brun). L’incision que l’on peut faire à l’endroit du développement des racines (où la tige est en contact avec le sol près d’un bourgeon) va favoriser l’apparition des racines en stimulant le méristème (tissus cellulaire spécialisé dans la croissance et qui peut encore se différencier en racines) qui est sous l’écorce.

La division :

Pour les plantes vivaces en « touffes » ou en tapis qui sont présentent dans le jardin depuis plusieurs années, la division va non seulement permettre de les multiplier, mais va surtout leur donner un regain de vigueur ! En effet, cette opération va aérer les racines et le centre dégarni des plantes tout en leur redonnant plus de place ce qui va leur redonner un coup de jeune et améliorer leur floraison.

La division concerne les plantes vivaces herbacées ou buissonnantes comme les asters, les phlox, la lavande, la sauge, les violettes, les graminées,… ainsi que certains arbustes se marcottant naturellement comme les cornouillers, le lilas, la symphorine,… et enfin les vivaces à rhizomes et à bulbes comme les hémérocalles, les crocosmias, les cannas,…

Selon l’espèce, la division sera effectuée à différents moment de l’année, toujours après la floraison de la plante (les fleurs nécessitent beaucoup d’énergie de la plante). Ainsi on divisera les vivaces à floraison estivale en automne et les vivaces à floraison automnale au printemps. Les bambous et les graminées ont besoins de chaleur pour assurer leur reprise, on les divisera donc au printemps. Les bulbes seront divisés en fin de période de croissance, après floraison et le jaunissement des feuilles.

Pour diviser une vivace touffue, placez votre bêche au milieu de la touffe que vous souhaitez diviser, tranchez de manière franche et précise à l’endroit désiré. Laissez en place la touffe de la plante d’origine et retirez à la main la touffe que vous allez déplacer, en séparant bien les racines de l’autre partie. Rebouchez ensuite le trou ainsi provoqué avec un mélange de terreau et de terre du jardin et plantez sans attendre la nouvelle touffe à l’endroit choisi dans un mélange de terreau et de terre du jardin. Pour les petites plantes et les plantes en pot, on utilisera bien sûr un outil plus précis que la bêche (petit couteau).
Pour diviser une plante drageonnante ou se marcottant à l’aide de stolons ou de racines traçantes (bambou, menthe, pervenche), il suffit de repérer une nouvelle plantule ou un groupe de plantules et de trancher net en périphérie de la plante mère avec le fer de bêche sans toucher à celle-ci.

Arrosez immédiatement après la plantation et jusqu’aux premiers signes de reprises.

Ce Cymbidium est un bon candidat à la division

et voilà 5 plants prêts à être rempotés…

Quelle que soit la méthode de multiplication végétative choisie, gardez toujours à l’esprit ces points importants :
– la plante mère doit être saine car on va en faire une « copie parfaite »,
– le substrat doit être léger et drainant (pour la pleine terre, elle doit être « émiettée») pour faciliter la formation des racines et éviter le pourrissement et l’asphyxie due à l’eau stagnante,
– la plantule ne doit pas se dessécher ; le substrat doit être maintenu humide jusqu’à la reprise de la plante et l’atmosphère ne doit pas être trop sèche (boutures avec feuilles).
– les outils de coupe (sécateurs, couteaux,…) doivent être affutés (pour ne pas blesser la plante) et désinfectés (pour ne pas transmettre de maladie).
– En extérieur, les plantules doivent être à l’abri du vent et protégées en cas de grand froid ou de grand soleil particulièrement si elles sont en pots. En effet, les jeunes racines en formations sont plus sensibles, il faut donc les protéger du dessèchement, du gel et des brûlures.

Vous n’avez maintenant plus aucune excuse pour ne pas vous lancer dans l’aventure de la multiplication des plantes, mais je vous préviens, on devient vite accro !

Boutures sur bois sec (noisetiers, framboisiers, cassissier et sureau noir) et marcottage de lierre terrestre

Faites germer votre âme de jardinier !
Harmony

PS : Pour être complète sur le sujet, je devrais aussi vous parler du greffage, mais ne l’ayant jamais pratiqué, je m’en abstiendrai 😉


Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

2 commentaires sur “La multiplication des plantes