Le lamier – un couvre sol à adopter!


Aujourd’hui, je vous présente une plante qui a le don d’illuminer les coins sombres de part sa présence tout en offrant un couvert vivant pour le sol ; j’ai nommé le lamier (Lamium sp).

Lamium album.

Souvent confondu avec l’ortie, le lamier est pourtant un digne représentant de la famille des Lamiacées avec ses tiges quadrangulaires, ses feuilles opposées décussées  et ses fleurs « à lèvres » blanches, roses, pourpres, mauves ou encore jaunes selon les variétés.

Les lamiers ont une tige carrée et des fleurs typiques.

Si les fleurs sont très belles, le feuillage des lamiers n’a souvent rien à leur envier ! Le lamier aura vite fait de tapisser le sol; déployant ses feuilles aux allures d’orties, tantôt vert clair ou foncé  tantôt panaché de blanc, dans le moindre espace entre les autres plantes. Le lamier fait donc un excellent couvre sol qui se plaira à l’ombre de vos arbustes et illuminera vos parterres. Rampant la plupart du temps, le lamier prend de la hauteur lors de sa floraison, dressant ses hampes florales pour mieux nous exposer ses fleurs.

Les feuilles de lamier jaune sont parfaites pour éclairer un coin sombre.

Contrairement aux apparences, aucun risque de piqûre avec le lamier, au contraire, son feuillage est même plutôt doux au toucher.  Il a juste appris à imiter l’ortie pour tromper certains amateurs de verdure. Le lamier blanc pousse d’ailleurs préférentiellement aux mêmes endroits que les orties, mêlant ses feuilles à celles de son sosie perfectionnant ainsi son camouflage.

Lamiers et orties, deux inséparables…

Pour le différencier de l’ortie quand il n’est pas en fleur, regardez de plus près: le lamier à une tige carrée pas l’ortie; à la base des feuilles des orties il y a des stipules (sortes de petites « languettes ») qui sont absents chez le lamier; et sur les orties vous verrez des poils urticants sur les feuilles et les tiges mais pas sur le lamier (au pire il y aura un duvet selon les variétés) en cas de doute, il ne vous reste plus qu’à toucher… vous serez vite fixés !

elles se ressemblent, mais de plus près on voit la différence.

Les lamiers sont des plantes comestibles et médicinales, comme beaucoup de lamiacées (menthe, sauge, basilic, sarriette, thym,…).
Pas très forte en goût, les lamiers contiennent beaucoup de fer et de minéraux, on peut en consommer la partie supérieure des tiges (les jeunes feuilles) en salade ou bien cuit, simplement sauté à la poêle ou pour agrémenté les sauces. Les fleurs peuvent servir pour décorer les salades ou d’autres plats.  Le goût des lamiers varient avec les espèces, préférez le lamier blanc (Lamium album) et le pourpre (Lamium purpureum).

Il existe une cinquantaine d’espèces de lamier, en voici quelques unes que je vous conseille pour le jardin car elles sont indigènes et donc totalement adaptées à notre climat et nos insectes !

Les lamiers sont d’excellents couvre sol, ici, lamier blanc, lamier jaune et lamier maculé.

Le lamier blanc (Lamium album), appelé aussi « ortie blanche », est une vivace de 20 à 60 cm de haut (pendant la floraison) qui se plait au soleil ou à la mi-ombre et dans un sol frais et riche (particulièrement en azote). Son feuillage semi-persistant est vert tendre et il se pare de fleurs blanches de 2 à 3 cm d’avril à juin. On le retrouve naturellement chez nous dans les talus, les haies, les bords de chemin et les fossés, les prairies humides et les lisières fraîches. C’est une plante médicinale astringente, dépurative, diurétique et narcotique. En phytothérapie, le lamier blanc est utilisé dans le traitement des troubles respiratoires (bronchite, asthme, laryngite), de la goutte (il élimine l’excès d’acide urique) et du système urinaire, des infections vaginales, des problèmes de menstruations (douleurs, saignement excessif) et des troubles de la ménopause ;
Au jardin, invitez-le dans vos parterres et aux pieds de vos haies.

Lamium album.

Le lamier jaune (Lamium galeobdolon), ou « ortie jaune », est une vivace de 10 cm qui peut atteindre 60 cm de haut pendant la floraison et qui se plait à l’ombre dans un sol frais assez riche.  Son feuillage semi-persistant est généralement taché de blanc et ses fleurs de 2 cm, qui s’épanouissent d’avril à juin, sont jaunes souvent tachetées de pourpre. On le retrouve naturellement chez nous dans les bois, les coupes et talus forestiers et dans les forêts feuillues et résineuses. C’est une plante médicinale diurétique, vulnéraire, calmante et astringente.
Au jardin, plantez-le dans vos parterres ombragés où il pourra s’épanouir librement car il est vigoureux et aime « gambader » au risque d’étouffer les plus petites plantes.

Lamium galeobdolon.

Le lamier maculé (Lamium maculatum), ou « ortie tachetée », est une vivace de 25 à 75 cm de haut (pendant la floraison) qui se plait à la mi-ombre dans un sol frais à humide et riche. Son feuillage semi-persistant est taché de blanc et ses fleurs de 2 à 3 cm sont pourpres et  présentes d’avril à septembre. Chez nous, on le retrouve naturellement dans les haies, les forêts mélangées, les décombres et  les lisières humides ou fraîches.
Au jardin, placez-le par exemple aux pieds de vos arbustes à feuillage caduc pour en valoriser leurs pieds au printemps.

Lamium maculatum.

Le lamier pourpre (Lamium purpureum), ou « ortie rouge », est une annuelle de 10 à 40 cm de haut (toujours pendant la floraison), qui se plait au soleil dans un sol frais et riche. Ses jeunes feuilles sont rouges puis violacées et ses fleurs, petites (1 cm) et pourpres, sont présentent de mars à septembre. On retrouve le lamier pourpre naturellement dans nos cultures, jardins, chemins, coupes forestières et lisières forestières fraîches. C’est une plante médicinale, les feuilles lavées et broyées sont un excellent désinfectant et cicatrisant que l’on utilise en cataplasme sur les plaies. Astringent, il est anti diarrhéique et c’est aussi un diurétique.
Au jardin, laissez cette annuelle mellifère s’installer dans votre pelouse qu’elle agrémentera de ses petites fleurs et dans votre potager où elle protègera le sol tout en invitant les butineuses, facile à retirer elle laissera facilement la place quand le besoin s’en fera ressentir !

Lamium purpureum.

Vous l’aurez compris, les lamiers ont leur place au jardin.
Ils se déclinent en nombreuses espèces et variétés, diverses par leur couleur de feuillage et de fleurs ainsi que par leurs exigences, et peuvent du coup s’associer à nombreuses vivaces tant que celles-ci ont une taille plus importante ou un feuillage persistant, pour ne pas risquer l’étouffement au printemps. Les plantes à bulbes font aussi d’excellents compagnons pour le lamier dont elles sont protégées par le feuillage qu’elles sauront percer pour s’épanouir au printemps comme en automne.
On peut aussi utiliser le lamier en pot avec des annuelles, pensez-y notamment pour des compositions retombantes ou pour des murs végétaux extérieurs.

Lamiers et plantes à bulbes s’associent parfaitement.

Comme beaucoup de vivace, le lamier se plante idéalement en automne ou au début du printemps (mars) et peut très facilement être multiplié par semis, par division (septembre ou mars) ou encore par marcottage de ses stolons au niveau des nœuds.

En adoptant des lamiers et autres plantes indigènes dans
votre jardin, vous invitez la nature chez vous !

Harmony

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