La claytone de Cuba.


S’il y a bien un type de légumes que j’adore, ce sont ceux qu’il ne faut semer ou planter qu’une fois !
La claytone de Cuba (Claytonia perfoliata) en fait partie, la connaissez-vous ?

La claytone de cuba appartient à la famille des Portulacacées, tout comme le pourpier (Portulaca oleracea) avec lequel elle est parfois confondue. Il faut dire aussi que son appellation « pourpier d’hiver » peut prêter à confusion… Elle a un goût léger de cresson, entre le pourpier et l’épinard et se cultive en arrière-saison. Ses feuilles et tiges se consomment crues ou cuites. Crue, sa consistance craquante puis fondante apportera de la fraicheur à vos salades ; cuite, elle se prépare comme les épinards mais également en gratin, au beurre, sautée…

Résistante au froid, cette ravissante petite plante annuelle (20 cm de large pour 20 cm de haut) viendra combler vos envies de salade durant tout l’hiver et le début du printemps.
Ses feuilles charnues de forme ovale sont disposées en rosace à la base de la plante. Dès le mois d’avril, au moment de sa floraison, les feuilles prennent de la hauteur et une forme de coupelle au centre de laquelle émerge une grappe de petites fleurs blanches. Cette disposition particulière où la feuille embrasse la tige qui la porte (perfolié) a donné son nom à la claytone de Cuba (Claytonia perfoliata) aussi appelée Montie perfoliée.
Si on la laisse fleurir, ses très fines graines noires et brillantes n’ont ensuite plus besoin de notre aide pour s’épandre dans le potager (et ses abords…). Car oui, lorsqu’elle se plait, la claytone de Cuba se ressème naturellement et tapisse le sol telle un gazon…

Si on la laisse faire, la claytone de Cuba se ressème naturellement.

La claytone de Cuba affectionne une exposition chaude et un sol humifère, frais, drainé et non calcaire. Sa culture est également possible dans une grande jardinière, à condition que le substrat reste bien frais.

Pour accueillir la claytone au sein de votre potager, il suffit de la semer directement en pleine terre dès la fin des grosses chaleurs en août-septembre ou d’octobre à février sous abris. La claytone de Cuba germe mieux si la température est inférieure à 12°C, mais elle a besoin d’un minimum de chaleur pour grandir.
Semez-la tous les 15 cm en lignes distantes de 25 cm. Le semis peut aussi se faire à la volée en mélangeant les graines avec une poignée de sable pour assurer une meilleure répartition, mais il vous faudra alors les éclaircir afin de garantir leur bon développement.
Ce sont de petites graines, il ne faut donc pas les enfouir trop profondément (1 cm grand max), une fois recouverte d’un peu de terre, tassez légèrement avec le dos du râteau, arrosez d’une pluie fine et installez un mulch léger.
Vous pouvez aussi installer la claytone de Cuba en ajoutant quelques plants, achetés en pépinière ou chinés dans un jardin, d’avril à juin. Attention, n’enterrez pas le collet au moment de la plantation.

Les semis spontanés de claytone de Cuba pointent le bout de leur feuilles en septembre.

La culture de la claytone est très facile, on ne lui connait ni parasite, ni maladie. Elle ne nécessite qu’un arrosage régulier si l’été et l’automne sont secs et que le mulch n’est plus suffisant pour garantir la fraicheur du sol. Ce sont des feuilles charnues qui ont donc besoin d’eau pour grossir.

La récolte peut commencer 2 à 3 mois après le semis. Elle se fait en coupant les feuilles avec un couteau (ou une paire de ciseau) sans abîmer le pied d’où rejailliront de nouvelles pousses permettant ainsi plusieurs cueillettes sur le même plant. Après une phase latente de croissance durant les périodes plus froides, la végétation reprend dès que les températures sont plus clémentes et les récoltent peuvent se poursuivre jusqu’à la floraison (avril – mai).
La protection de la claytone de Cuba avant les premières gelées avec un tunnel ou un voile d’hivernage est conseillée mais pas obligatoire. Elle permet une période de croissance plus longue durant l’hiver et également de pouvoir récolter même s’il fait froid ou qu’il y a de la neige.

Une fois que la plante a grainé, ou en cas de grosse chaleur, elle disparait en laissant ainsi la place aux cultures estivales.

La claytone de cuba est une annuelle qui disparait avant l’été.

Comme je vous le disais, pour peu qu’on ne la coupe pas entièrement avant sa floraison, la claytone va par la suite faire le travail toute seule et se ressemer naturellement. Selon les étés, ses jeunes pousses apparaitront par centaines vers septembre-octobre, tapissant totalement le sol et se développant plus ou moins vite selon que l’emplacement soit sous abri ou non.
On peut intervenir pour éclaircir cette multitude de plantules ou bien laisser faire la nature qui nous offre avec ces semis denses un véritable mulch vivant, un engrais vert(*), qui va protéger le sol durant toute la période hivernale.

La claytone de Cuba supporte très bien le gel mais ne grandit plus tant qu’il est là…

Chez moi, vous vous en doutez, je laisse la nature faire et ma claytone grapille d’année en année les bacs de culture (y compris leurs parois et le sentier) où elle pousse tranquillement et sans abris. J’ai donc des récoltes plus tardives que si je lui mettais un voile d’hivernage et que si je me donnais la peine de l’éclaircir (selon les années dès janvier ou février) mais avec une telle opulence que je peux fournir tout le quartier. Les autres légumes se succèdent au même endroit, mais chaque année à la fin de l’été la claytone ressurgi, même après une culture de pomme-de-terre sous paillis!
Ne prenez pas peur de son caractère envahissant : d’une part elle se développe durant une période de faible activité au potager et disparait d’elle-même fin mai (du moins chez moi), d’autre part, elle est très facile à enlever si on doit faire d’autres semis à la place. Avec son enracinement superficiel, elle cohabite également très bien avec les légumes d’hiver comme les choux ou les poireaux dont les plants n’auront aucun mal à s’installer s’ils sont repiqués au milieu des semis de claytone. Elle est d’ailleurs bonne compagne de tous les légumes. De plus, elle tapisse suffisamment le sol que pour éviter le développement d’adventices qui risquent d’être bien plus dur à déloger…

Claytone de Cuba recolonisant le bac après une culture de haricots (dont il reste les tiges) et de carottes. Les dernières carottes qui n’ont pas encore été récoltées le seront durant l’hiver sans être gêné par la claytone.

C’est peut-être cette réputation d’envahissante qui fait que la claytone de Cuba est un légume méconnu (même pas oublié), et pourtant sa facilité de culture et sa saveur méritent largement qu’on l’invite dans nos jardins. La claytone de Cuba est surtout peu connue car elle est peu présente au rayon maraîcher du fait de sa faible durée de conservation, et ça, hors circuit court, c’est impossible. Une fois cueillie elle doit être consommée le plus rapidement possible, idéalement dans les 24h. On peut toutefois la conserver 2 à 3 jours au frigo à condition de l’emballer dans un torchon humide.

Non seulement le pourpier d’hiver est délicieux, mais en plus il vous apportera au creux de l’hiver, au moment où les autres salades se font rares, des vitamines A, C, B et K, des oligo-éléments, des sels minéraux (fer, magnésium, chlore, cuivre, fer, fluor) et des Oméga 3. Avec seulement 15 kcal pour 100g, la claytone de Cuba est un légume idéal pour un régime minceur et diurétique ou simplement pour ravir votre palais sans avoir aucun remords.

Salade de claytone avec dés de pommes et raisins secs, huile d’olive parfumée au citron et vinaigre balsamique: une explosion de fraîcheur!

Son goût rafraichissant donnera de la saveur à toutes vos salades. Sa consistance charnue et croquante vous agréera seule ou en mélange avec d’autres crudités de saison (chicons, roquette, mâche,…), accompagnée d’un filet d’huile d’olive ou de noix et d’un peu de jus de citron ou de vinaigre balsamique c’est un délice !
Ajoutez-y, selon la saison, des fleurs de capucines ou de bourraches, des morceaux de pommes, des cerneaux de noix, des raisins secs,…
Elle se marie bien aussi avec du saumon fumé, du poulet fumé, du magret ou du fromage de chèvre et des lardons chauds,… de quoi revisiter chaque jours vos salades hivernales ou apporter un peu de verdure fraîche à vos sandwichs !

À la cuisson, la claytone va fondre énormément, c’est pourquoi on l’utilise le plus souvent en crudité. Mais elle pourra remplacer les épinards de manière plus savoureuse dans bon nombre de recettes.

Savoureusement délicieuse, bonne pour la santé et autonome au potager, la claytone de Cuba a tout pour me plaire, et vous, vous a-t-elle aussi séduite ?

Votre coach,
Harmony.

PS : Vous souhaitez en apprendre plus sur le jardinage au naturel en ma compagnie ? N’hésitez pas à participer à un des ateliers que j’organise à Marneffe (entre Liège et Namur), qui sait, vous repartirez peut-être avec un plant de claytone de Cuba 😉

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