Le chicon pleine terre


Dame nature fait bien les choses, mais parfois il faut un peu « tricher » avec elle pour obtenir un plat typiquement belge comme les chicons au gratin !

Et oui, si on la laisse faire sans intervenir, on obtient une chicorée (Cichorium sp). Cette astéracée devra être manipulée pour obtenir le chicon que l’on connaît dans nos assiettes.

Si on laisse faire dame nature, on obtient une chicorée… le chicon demande une intervention de notre part 😉

Première étape : Le développement des racines.

Semez d’avril à juin, en pleine terre, dans un sol compact riche et humifère, exposé au soleil. Lorsque les plants ont 2-3 feuilles, éclaircirez et repiquez les plants ainsi arrachés.
À partir de mi-octobre et jusqu’aux premières gelées (mi-novembre), déterrez les plants avec leur racine pivotante. Ne gardez que les racines de plus de 4 cm de diamètre au collet. Laissez sécher les plantes pendant 2 semaines en les étalant au sol, à l’abri du soleil. Au bout de ces 2 semaines, coupez les feuilles à 2 cm du collet et coupez la racine pour avoir une hauteur de 15-20 cm environ. Les racines doivent toutes avoir la même hauteur 😉

Vous pouvez aussi trouver des racines prêtes à planter dans les commerces. Dans ce cas, il faut aussi couper les feuilles à 2 cm du collet, retirer les feuilles abimées et couper les racines à même hauteur avant de les forcer.

Ces racines achetées au marché ont besoin d’être préparées avant d’être remises en terre… oui, j’ai honteusement oublié de semer mes chicons cette année… J’avoue!

Les vieilles feuilles sont retirées, on coupe les autres à 2 cm du collet et on coupe le bas des racines pour avoir les mêmes hauteurs.

Deuxième étape : Le forçage en pleine terre.

Une fois vos racines préparées, creusez un trou un peu plus profond que vos racines.

Première étape: écarter le paillage. Ici sur un carré de 50 cm de côtés.

Ensuite on creuse un trou pour accueillir les racines.

Placez ensuite vos racines dans ce trou après en avoir ameubli le fond si nécessaire. Placez vos racines droites, serrées les unes contre les autres.

Après avoir ameubli le fond, on place les racines.

Bien serrée les unes contre les autres.

Ensuite, on rebouche le reste du trou si nécessaire. j’avais vu un peu large pour 25 racines…

Une fois vos racines ainsi positionnées, recouvrez-les de terre. Assurez-vous que la terre rentre bien entre les racines et comble tous les espaces. N’hésitez pas à employer du terreau si nécessaire, il « coulera » mieux entre les racines. Arrosez copieusement sans toucher les collets pour bien faire glisser la terre. Recommencez ensuite l’ajout de terreau puis l’arrosage jusqu’à ce que les racines soient complètement recouvertes de terre, leurs collets affleurant.

Pour remplir l’espaces entre les racines, le terreau convient bien.

Bien remplir et arroser jusqu’à ce que les collets soient affleurant.

Enfin, recouvrez avec une grosse épaisseur de feuilles mortes (30 cm) bien tassées (ou paille), la lumière ne doit pas passer, sinon vos chicons seront légèrement verts. Veuillez bien à ce que les feuilles restent en place. Installez un filet par-dessus si nécessaire. Vos chicons vont ainsi tranquillement se développer et pourront être récoltés jusqu’au printemps.

On fini par recouvrir le tout de feuilles mortes sur 30 cm… Une butte de chicon se développe 😉

Caché sous son manteau de feuille, ce chicon a été photographié en avril.

Il existe bien sûr d’autres méthodes plus rapides de forçage, notamment en cave. Je vous ai présenté ma manière de procéder, à vous de voir celle qui vous convient le mieux. L’avantage de cette méthode est que l’on peut oublier ces chicons au fond du jardin, pas besoin d’aller les arroser à la cave. De plus, on peut ainsi plus étaler sa récolte, je vais chercher ce qu’il me faut de chicons en plusieurs fois, prenant à chaque fois les plus gros et laissant ainsi le temps aux autres de grossir un peu plus.

C’est un réel plaisir d’avoir ainsi des chicons pleins de goûts, plus qu’à les cuisiner!

Votre coach.