100 patates sans efforts! 9


En tant que digne représentante du peuple belge, les pommes de terre se retrouvent souvent dans mon assiette. Que ce soit sous forme de frites, en purée, en robe des champs, en gratin, … la « patate » est souvent au menu et a donc sa place au potager !
Mais comment réussir sa plantation ?

Pour commencer, on plante au bon moment : les pommes de terre se plantent en mars-avril, dès que le lilas est en fleurs pour les variétés tardives (qui mettent plus de 120 jours pour arriver à maturité), et jusque mi-mai pour les variétés précoces (qui arrivent à maturité en 90 jours) .

La partie de la plante qui nous intéresse étant le tubercule, c’est une culture qui doit être « buttée » (*) pour obtenir une meilleure production.
Généralement Bébert (*), jardiner conventionnel expérimenté, plante les tubercules dans une terre préalablement ameublie par un bon vieux « labour », en les mettant dans un sillon de 15 cm de profondeur qu’il  rebouche ensuite, puis, dès que les plants ont une quinzaine de cm, il les recouvre d’une butte de terre qui serra renouvelée au fur et à mesure de la croissance des plants.
Bébert est bien courageux ! Mais une fois de plus, il ne respecte pas du tout son sol et travaille contre la nature plutôt qu’avec elle…bref, il dépense beaucoup d’énergie inutilement et en plus sa méthode est particulièrement salissante (je suis une femme, j’assume, et j’aime jardiner en pantalon blanc…lol).

La culture de pommes de terre classique: monoculture, sol nu et remanié… il y a moyen de faire plus « naturel »!

Vous vous en doutez, je ne procède pas de la sorte… en fait, pour tout vous avouer, je n’ai jamais utilisé cette méthode, je ne suis donc pas en mesure de faire une comparaison entre la technique traditionnelle et la mienne… Mais je n’ai pas à rougir devant mes productions!
Vous voulez savoir comment je fais ? Ma méthode n’a rien d’innovant, elle est  juste plus respectueuse du sol… c’est simplement de la culture sous mulch.
Attention aux dérives que l’on peut voir sur le net : la tour à patates par exemple… et non, vous n’aurez jamais de pommes de terre sur une hauteur de 1 mètre comme on pourrait vous le faire croire… Il y a des règles à respecter, allez hop, explications !

Déjà, je ne m’amuse pas à creuser un sillon, je dépose simplement mes tubercules sur la terre.
On peut le faire dans ses parcelles de potager, ou directement sur un coin de pelouse.
Dans son potager dont la terre est ameublie naturellement grâce au mulch permanent et aux habitants du sol, on aura aussi une production de tubercules dans le sol contrairement à une culture sur un sol non préparé.
Si on a opté pour un coin de pelouse, la production sera un peu moindre, mais cela permet de créer naturellement et facilement une nouvelle parcelle, particulièrement si on commence son potager et qu’on n’a pas préparé sa future parcelle dès l’automne précédent…

Les pommes de terres peuvent être installées à même la pelouse après avoir désherbé un rond à peine plus grand que le tubercule.

Dans tous les cas, le tubercule doit être en contact avec le sol. On dégage donc le mulch ou la pelouse en place avant de poser les pommes de terre sur la terre tous les 20-25 cm. Pas besoin de tout retirer ou désherber, il faut juste une zone suffisante pour que le tubercule puissent « prendre racine ».

Déposez vos pommes de terre directement sur la terre.

Une fois les tubercules disposés sur le sol, on les recouvre d’un monticule de compost (15-20 cm).

Recouvrez de compost.

Ensuite, on recouvre le tout d’une bonne couche de paille (20 bons cm), le foin ou les feuilles mortes conviennent aussi. Puis on arrose copieusement la butte.

Paillez et arrosez.

Dès que les plants commencent à dépasser de la paille, et même un peu avant, je rajoute un mulch d’orties fraîches découpées ou de la tonte de pelouse sur une petite épaisseur pour apporter un peu d’azote.
Un mulch de paille sera rajouté dès que les plants dépassent d’une quinzaine de cm, en laissant toujours les feuilles supérieurs dépasser du mulch. J’alterne ainsi l’apport de mulch: orties ou tontes pour nourrir et paille pour monter la butte. En gros, je remplace la butte de terre classique par une butte en paille et matière azotée.

Seul inconvénient de la méthode, la butte de paille a tendance à se dessécher, un bon arrosage s’impose donc de temps en temps si la pluie n’est pas au rendez-vous pour réhumidifier correctement la butte, mais sans arroser les feuilles.
Il se peut aussi que des tubercules dépassent de la butte, dans ce cas, couvrez-les directement comme il faut avec de la paille pour ne pas qu’ils verdissent et deviennent impropres à la consommation.

Quelques mois plus tard, les tubercules seront prêts à être récoltés. Il vous suffira de ramasser les pommes de terre dans la paille et de réutiliser celle-ci comme paillage.

Récoltez au fur et à mesure des besoins en allant farfouiller la paille avant la récolte finale.

La durée de culture dépend de la variété (entre 90 et plus de 120 jours). Attendez que le feuillage des pommes de terre soit totalement jauni pour les récolter, vos pommes de terre conserveront mieux. Si c’est pour une dégustation immédiate, ne vous privez pas d’aller farfouiller dans la paille avant la récolte finale pour prélever ce qu’il vous faut !

Qui dit jardinage au naturel, dit mélange des légumes entre eux. Pour obtenir une bonne association de culture, semez des haricots entre vos buttes de pailles (ou placez vos buttes entre les pois et les fèves semés plus tôt).

Butte de pommes de terre au milieu de pois, haricots, mais aussi phacélie et choux!

Enfin, il est bien sûr conseillé d’utiliser de la paille bio, hors celle-ci n’est pas toujours évidente à trouver. Pour  résoudre le problème je me procure la paille quelques mois avant et je laisse les bottes destinées à la culture se « nettoyer » sous la pluie.

Voilà, c’est pas plus compliqué que ça ! Vous obtiendrez ainsi facilement de belles pommes de terre déjà propres dès la récolte!


Harmony.

PS: Si vous souhaitez en apprendre plus sur le jardinage au naturel, n’hésitez pas à aller voir les ateliers que je vous propose.


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9 commentaires sur “100 patates sans efforts!

  • Christian

    J’y pense que maintenant…je dispose d’un terrain en legère pente, je vais donc essayer des keylines sous les buttes en paille pour retenir un peu l’humidité.

  • DESSY

    Bonjour,
    J’adore la clarté de votre article que je me ferai un plaisir de partager.
    Je dénigre juste et beaucoup le fait des comparaisons avec le conventionnel, l’agriculture bio et vive la permaculture !
    Tant mieux si votre système fonctionne, et c’est encore mieux d’en faire le témoignage et des formations.
    Juste, svp, arrêtez les comparaisons….
    Nous sommes tous des enfants de la terre…qui ne fait qu’évoluer depuis des générations…dans un contexte complexe et devant être toujours plus rapide, plus rentable. Encouragez à renouveler des méthodes plutôt que critiquez svp. Bien à vous.
    Catherine (maraîchère bio)

    • Harmony Auteur de l’article

      Bonjour,
      j’avoue comparer souvent le jardinage au naturel au jardinage conventionnel, mais c’est dans l’optique de faire réfléchir sur certaines pratiques qui ne sont pas respectueuses pour l’environnement ou le sol, la critique n’est donc pas gratuite et je n’ai rien contre les « Béberts » 😉
      J’encourage tout le monde à jardiner, quel que soit la méthode, nous sommes des tous des enfants de la terre comme vous le dites si bien!
      J’essaye juste, à ma manière, de faire réfléchir les jardiniers sur les gestes qu’ils ont l’habitude de réaliser sans trop se poser de questions, « parce qu’on a toujours fait comme ça ».
      Je tiens aussi à préciser que je m’adresse à des jardiniers particuliers. J’ai pour habitude, quand ils viennent à mes formations, de leur montrer une autre vision du potager ou on y laisse pousser des « mauvaises herbes » et fleurir les choux… Mon objectif est de sensibiliser à la nature, pas d’être ultra-productive 😉
      Enfin, je n’ai bien sûr rien contre l’agriculture biologique… c’est plutôt la dérive que le marketing en fait qui me dérange 😉

    • Harmony Auteur de l’article

      Le vent risque plus de dessécher la butte que de l’emporter si vous avez mis une bonne couche de paille. Pour éviter tout risque, mettez des branches un peu plus lourdes (ou pierre, grille,…) sur votre butte pour la maintenir en place le temps qu’elle « prenne ». ça aide aussi contre les oiseaux gratteurs (merles et poules!).