Le tunnel gourmand! 2


Quand j’étais petite… Bon, ok, ceux qui me connaissent savent que je n’ai jamais vraiment été petite… Je recommence donc.
Quand j’étais jeune enfant, je pouvais passer des heures entières dans les buissons de petits fruitiers chez mes grands-parents. Ce massif gourmand était constitué majoritairement de framboisiers qui étaient palissés sur un petit tunnel en bois, ce qui me permettait de m’y faufiler discrètement.

Bien cachée au milieu des fourrés, je me régalais de ces baies juteuses tandis que Bonne-maman me cherchait pour dresser la table… Je n’en ressortais qu’une fois repue et les mains bien colorées ! J’aimais aussi m’y dissimuler pour pouvoir observer la vie du jardin, l’endroit était parfait pour y épier les oiseaux qui venaient se régaler des insectes ou bien encore le hérisson qui construisait son nid. Depuis, la simple odeur d’une framboise me ramène, telle une Madeleine de Proust, à cette époque baignée de joies simples et d’innocence.

Marco vous présente ma réalisation: un tunnel végétal plein de gourmandises!

C’est donc tout naturellement que j’ai eu envie de recréer ce recoin de mon enfance dans mon jardin, mais à taille adulte et sans aucune compétence de bricolage… Je me suis donc construit un double tunnel gourmand simple et rapide à monter, le tout pour moins de 50 € !
Vu le succès que mon bricolage rencontre auprès des visiteurs de mon jardin, j’ai eu envie de vous partager l’idée et surtout, la manière de procéder!

Un tunnel simple de fabrication où l’on peut palisser ses framboisiers, ronces, vignes,…

Pour réaliser un tunnel gourmand, il vous faut au minimum 2 fers à béton de 8 à 10 mm de diamètre sur 6 mètres de long et du treillage PAF pour recouvrir le tout, du fil de fer, une paire de pince (pour couper et tordre le fil de fer), une bonne paire de gants. 

Matériel nécessaire.

Les fers à béton vont servir à former les arches. Leur nombre dépendra de la longueur que vous souhaitez donner à votre tunnel en sachant que les arches ne doivent pas être trop espacées (+/- 1m – 1m50).
L’opération la plus délicate est de courber les fers à bétons sans les plier. Pour ce faire, j’ai utilisé les rails de mon toit de voiture mais vous pouvez bien sûr vous confectionner votre propre « rail de pliage » en utilisant un mur et des blocs ou tout autre chose suffisamment rectiligne et lourde que pour ne pas bouger une fois les fers coincés dedans.
L’idée est de positionner le fer à béton le long d’un support (rail, mur, bordure,…) et de l’y maintenir sur un tiers de longueur. Prenez ensuite  le fer du côté non maintenu et courbez-le en rapprochant l’extrémité libre de celle bloquée. C’est à ce moment que vous décidez de la largeur de votre futur tunnel (la largeur de mes rails de toiture était parfaite !). Un schéma vaux mieux qu’un long discours et vous permettra de contempler toute l’étendue de mes talents de graphiste…

L’opération délicate: plier les fers à béton.

 Le fait de bloquer le fer à béton avec un deuxième « rail » permet de le maintenir en position le temps qu’il prenne sa nouvelle forme. Courber un fer à béton de 10 mm d’épaisseur nécessite de bons biscoteaux, si comme moi vous en êtes dépourvus, utilisez des fers à béton de 8 mm de diamètre, ils seront bien plus facile à courber mais votre structure sera plus souple et va plus se ployer si elle doit supporter trop de poids (aucun souci pour des framboisiers ou ronces).

Une fois vos fers à bétons formés, il ne vous reste plus qu’à les enfoncer de+/-  60 cm dans le sol à chaque extrémités. C’est à ce moment que vous décidez de la hauteur de votre futur tunnel et que les gants sont indispensables.
Essayez autant que possible d’enfoncer les deux extrémités de chaque arche à la même profondeur pour garder la courbe de votre fer centrée. Positionnez vos mains le plus bas possible sur la tige pour enfoncer votre fer à béton, car si vous prenez un point d’appui trop haut, vous risquez de le plier.
 La première arche posée, positionnez les autres dans son alignement. Pour ce faire, utiliser un fil tendu au sol comme repère. Placez l’arche du bout de votre tunnel en deuxième et ensuite celles du centre.  Il n’est en effet pas toujours possible d’enfoncer les fers à l’emplacement voulu, il faut parfois tatillonner pour trouver un endroit où la terre est assez meuble et dépourvue d’obstacle. Dans ce cas, afin de garder un tunnel bien rectiligne, plutôt que d’écarter les pieds en largeurs pour trouver un endroit où l’enfoncer, jouez sur l’espacement entre les arches en gardant le même écart entre elles des deux côtés et en gardant bien en tête que, tout comme pour l’épaisseur du fer, plus vous espacerez les arches, plus votre structure sera souple.

Si vous n’arrivez pas à enfoncer le fer à béton au bon endroit, jouez sur l’espace entre les arches plutôt que sur la largeur de leur base.

L’ossature du tunnel étant en place, il ne vous reste plus qu’à lui donner corps. Pour se faire, on va renforcer les arches en les habillant avec du treillis PAF (grille en treillis soudé utilisée comme armature pour les travaux courants de maçonnerie). Vous pouvez utilisez différents formats de treillis, l’important est de les choisir avec des mailles suffisamment larges que pour pouvoir palisser vos plants sans les abimer (et/ou y passer la main pour récolter) et d’un diamètre assez fin que pour pouvoir « épouser » la forme de vos arches. Pour ma part, j’ai utilisé des grilles à mailles assez étroites que j’avais à disposition, ce qui ne me permet pas toujours de tresser les branches  dans le treillis sans risquer de les casser (si je tarde trop à les palisser), je les guide alors en les attachants à la structure plutôt qu’en les glissant entre les mailles.

Le treillis utilisé doit vous permettre de palisser et de récolter vos plantes. C’est lui qui va stabiliser la structure.

Fixez provisoirement vos treillis en les attachant avec du fin fil de fer (sans serrer).
Il ne faut pas les fixer dès la base du tunnel car celle-ci doit restée bien dégagée et accessible pour pouvoir tailler vos arbustes fruitiers, particulièrement si votre tunnel est inaccessible par l’extérieur (le long d’un mur, double tunnel,…). Les tiges mortes seront simplement coupées à leur base puis tirée doucement vers le bas et extraites par cet espace laissé dégagé. Vous pouvez aussi étendre un ou deux fils de fer plus épais tout le long de la base du tunnel et venir placez le treillis au-dessus. À vous de voir l’agencement qui vous convient le mieux tant que le bas reste facilement accessible.
De même pour le dessus de la structure, vous pouvez y poser un treillis supplémentaire ou tendre des fils. Pour plus de stabilité, vous pouvez fixer une tige rigide au sommet des arches.

Habillage des arches avec le treillis PAF et fils de palissage.

Placez d’abord l’ensemble du treillis et des fils de fers avant de fixer le tout correctement car il vous faudra sans doute ajuster les points d’attaches à plusieurs reprises pour que le treillis vienne épouser correctement la forme de votre tunnel. Ce n’est qu’alors que vous pourrez resserrer les liens. Si vous avez besoin de plus d’un treillis PAF pour recouvrir la longueur de votre tunnel, faites-les se chevaucher d’au moins 30 cm.
Il faudra être au minimum deux pour cette étape, un qui fixe le treillis et les fils de fers, l’autre qui maintient l’arche et la treille en place pour que le premier puisse tendre correctement les fils de palissage.

Un travail d’équipe!
Fabrication du tunnel gourmand du jardin collectif « les Enfants Sèment » de wasseiges.

Si, comme moi,  vous avez opté pour une structure fine et donc plus souple (mais plus facile à installer), il vaut mieux installer des tendeurs aux arches bordant votre tunnel pour éviter qu’il ne s’affaisse en son centre. À vous de voir selon la configuration des lieux comment  stabiliser votre structure : un fil de fer qui relie le sommet de l’arche à un point d’attache en hauteur (ce fil pourra lui aussi servir pour palisser vos plantes), un piquet qui vient appuyer la base de l’arche, un tendeur vers le bas (mais attention à ne pas trébucher), …

Voilà, votre tunnel gourmand est fini !
Bon, tout nu ce n’est pas une œuvre d’art, mais il résistera sans souci aux rafales de vents et aux affres du temps.
De toutes façons, il sera vite embelli par les plantes qui viendront s’entortiller dedans (avec un petit coup de pouce de votre part). Ce tunnel pourra ainsi vous servir de base pour y palisser vos framboisiers, mais aussi mûrier, goji, vigne (pas sur une structure trop souple) ou autre plantes grimpantes vivaces (rosier, chèvrefeuille, …) ou annuelles (haricots grimpants, capucines, pois de senteurs,…), osez la diversité !

Outre son originalité, cette structure permet de palisser facilement les plantes et d’en faciliter la récolte, mais elle permet aussi de guider votre promenade, de servir de brise vent ou de perchoir pour les oiseaux, d’y accrocher des lanternes, des carillons à vent,  une mangeoire pour les oiseaux en hiver, …

Le jardin est un lieu d’expression créative, même si vous n’êtes pas grand bricoleur vous pouvez y réaliser des merveilles ! Seule votre imagination vous limite, et si vous venez à en manquer, peut-être qu’une coache pourrait vous inspirer…

Au plaisir de faire germer vos âmes de jardiner, 
votre coach,
Harmony

PS : Vous souhaitez un petit coup de pouce pour aménager votre jardin ? Je vous propose tout au long de l’année des ateliers dont celui sur « le jardinage au naturel : la conception d’un jardin » à 4210 Marneffe (entre Huy et Waremme) ; et si vous n’habitez pas trop loin, je peux également venir vous conseiller à votre domicile.


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2 commentaires sur “Le tunnel gourmand!