La taille des arbres… tout en douceur 2


On me pose souvent la question : faut-il tailler ses arbres, particulièrement les arbres fruitiers, et comment les tailler ?

Le sujet prête à débat entre les accros de la tronçonneuse et les partisans du « on ne touche à rien ».

Même si on n’aime pas tailler ses arbres, il faut parfois s’y résoudre…

Déjà, il faut connaitre le pour et le contre ;

Pourquoi tailler ses arbres?
– Pour supprimer les parties mortes ou atteintes de maladies qui pourraient se propager.
– Pour aérer l’espace entre les branches et permettre ainsi à la lumière de bien pénétrer.
– Pour favoriser la formation de nouvelles pousses plus fortes et la ramification des branches.
– Pour structurer les plantes et leur donner une forme particulière (haie, topiaire,…) ou simplement pour garder un accès que les branches peuvent obstruer.
– Pour donner un coup de jeune aux arbres âgés qui végètent et augmenter leur durée de vie-production.
– Pour avoir des récoltes plus abondantes et des fruits de meilleure qualité.

Pourquoi ne pas tailler ses arbres ?
– Parce que la nature se débrouille très bien sans nous.
– Parce que cela fait une porte ouverte aux maladies et ravageurs.
– Parce que cela affaiblit l’arbre, on lui retire des structures feuillées dont il a besoin pour se nourrir.
– Parce que cela perturbe l’équilibre naturel de l’arbre au risque de le voir à terme casser ou se déraciner.
-Parce que tailler entraine une dépendance de l’arbre aux tailles : quand on coupe une branche, plusieurs poussent à la place… c’est un cercle vicieux.

Tailler un arbre n’est pas une chose anodine… et souvent, en voulant bien faire, on ne fait qu’empirer la situation ! Aussi faut-il toujours, avant d’empoigner son sécateur ou sa scie, se demander si la taille est vraiment nécessaire et comment bien la faire.

Par exemple, il vaut souvent mieux ne pas tailler un arbre dépérissant ou sénescent car cela accélérerait son déclin. Il n’est en effet plus apte à se régénérer correctement et encore moins à lutter contre l’arrivée de nouveaux pathogènes ou ravageurs. Seules les branches vraiment mortes peuvent être coupées sur ce genre de sujets.
Alors faut-il l’abattre ? Bien sûr que non à moins qu’il ne risque de chuter et d’entraîner de sérieux dommages… Car même si l’arbre est en fin de vie, il va continuer à produire. De plus, les arbres vieillissant et le bois morts sont des maillons importants de l’écosystème car ils hébergent et nourrissent bon nombre d’espèces spécifiques xylophages (lucarne cerf-volant, scolytes, nombreuses larves d’insectes…) ou en recherche d’abris ou de mets délicats (coccinelles, forficule, abeilles solitaires, sittelles, chouettes, pics …).  Si vous avez un arbre dans ce cas et suffisamment de place, laissez-le évoluer jusqu’à son déclin complet (et même après !) tout en prévoyant l’avenir en plantant un jeune spécimen à proximité.

Ce vieux pommier mort est encore bien utile pour bon nombre d’espèces!

Il existe de nombreuses techniques de tailles spécifiques, notamment pour les fruitiers. La taille peut être de formation, d’entretien, de fructification, de nettoyage, de rabattage,… et on ne taille pas un fruitier à noyau comme un fruitier à pépin. si vous souhaitez obtenir des arbres à l’architecture totalement structuré ou à production ultra abondante à portée de main, je vous invite à aller sur d’autres sites plus experts que moi dans le domaine…

à chaque stade de l’arbre son type de taille.

Pour ma part, je pratique seulement la taille douce. Dans la nature, il y a un élagage naturel perpétuel qui s’opère, dû au passage du gibier, aux oiseaux/écureuils maladroits, au vent, au poids de la neige… Bref, les arbres peuvent sans soucis résister à la perte de quelques fines branches de temps en temps… imitons donc la nature 😉

On va donc pratiquer plusieurs petites tailles plutôt qu’une grosse et ne jamais couper de trop grosses branches sans y préparer l’arbre… cela peut prendre plusieurs années pour « rééquilibrer » un arbre qui a été négligé ou malmené, il faut être patient.
La taille douce respecte et suis la forme naturelle de l’arbre et sa physiologie. On va ici considérer son arbre non pas comme un individu unique, mais comme une succession de branches qui vont évoluer en fonction les unes des autres.

Dit comme ça, ça parait presque mystique… mais en pratique, comment faire ?
Si vous vous attendez à une réponse du style « coupez à 3 nœuds », je vous invite une nouvelle fois à aller consulter d’autres sites de jardinage plus traditionnels… car dans le jardinage au naturel il n’y a pas de réponses toute faites mais bien des déductions faites  suite à l’observation… beaucoup d’observations !

Quelques petites notions :
– Les arbres ont naturellement tendance à se développer vers le haut (dominance apicale). Quand on supprime une partie d’une branche, c’est le bourgeon situé juste en dessous de la coupe qui se développera le plus.
– Le volume des racines est équivalent au volume des branches.
– Plus on coupe et plus ça pousse !
– Le lumière doit circuler à l’intérieur de l’arbre.
– Il ne faut jamais supprimer plus d’un tiers du bois vivant !

On va donc commencer par observer l’arbre et comprendre son fonctionnement.

Première chose à observer : Dans son ensemble, l’arbre est-il vigoureux ou non ?
On voit qu’un arbre est vigoureux au nombre et à la longueur importante des plus jeunes rameaux.

Plus un arbre est vigoureux et plus on aura tendance à y aller doucement car sinon, on va assister à une véritable explosion de rejets au printemps suivant.
En effet, notre arbre contient un certain volume de sève qui est en rapport avec le volume racinaire et le volume foliaire. Si vous rabattez trop un arbre pendant l’hiver, au printemps la sève va remonter des racines et se retrouver dans un espace plus réduit que ce qu’elle avait la saison précédente, d’où une augmentation de la pression de la sève dans l’arbre. Et comme il faut bien que cette sève soit « casée » quelque part, elle va réveiller des bourgeons un peu partout qui vont se mettre à pousser dans tous les sens : les fameux « rejets ».  Hors ce n’est pas du tout cela qu’on veut.

Au contraire, pour redonner un coup de jeune à un vieil arbre fruitier qui ne fait presque plus de pousses, on va le tailler plus sévèrement. En effet, la pression de la sève étant de plus en plus faible, le fait de diminuer son espace alloué va augmenter sa pression et permettre l’émergence de nouvelles branches plus vigoureuses.
Une faible vigueur implique aussi une mise à fruit importante, mais celle-ci affaibli peu à peu l’arbre en entier. Il faut donc « jouer » entre la mise à fruit et la vigueur que l’on veut donner à son arbre. Et ne pas oublier une chose : quand l’arbre est occupé à produire des tiges et des feuilles, il a moins d’énergie pour produire des fruits…

On va aussi observer « l’intérieur de l’arbre ». D’où vient la lumière ? Quelles sont les branches faibles car étouffées par les autres ? Quelles branches sont vigoureuses?
Les branches vigoureuses sont celles dont les jeunes rameaux sont longs (jusqu’à 50 cm) avec un feuillage dense, elles privilégient l’allongement de l’arbre. Au contraire, si les jeunes rameaux sont courts (3 cm), la branche va surtout porter des fruits et peu participer à l’accroissement de l’arbre.

Une fois bien observé, l’arbre nous révèle plusieurs choses :
– quelles sont les branches qui sont mortes,
– quelles sont celles qui sont mal éclairées et non donc pas d’avenir,
– Quelles sont celles qui sont trop vigoureuses et qui du coup vont prendre toute l’énergie pour produire bois et feuilles au détriment des fruits comme les drageons sous le point de greffe.
– Comment va s’allonger chaque rameau au prochain printemps : pour cela, il faut regarder la direction des 3 plus hauts bourgeons de chaque branche. Ce sont eux qui s’allongeront le plus en provoquant l’inhibition de ceux situés plus bas sur la branche.

Une fois l’observation finie, on est alors en mesure de voir si l’arbre à besoin d’être taillé ou non.

L’objectif de la taille douce est de lui faire économiser ses forces. Une branche mal exposée à la lumière finira par dépérir, on va donc la couper pour que ses voisines aient d’avantage de lumière et de nutriments.
L’autre objectif est de favoriser la production de fruits sans trop exagérer pour ne pas épuiser l’arbre. Ceci est valable pour les fruitiers à pépins, les fruitiers à noyaux fructifient bien tout seuls. Si une branche est faible, on lui garde peu de bourgeons, sinon elle ne pourra pas tous les nourrir. À l’inverse, on conservera plus de bourgeons sur une branche vigoureuse.

Une petite explication s’impose ici sur les bourgeons : Ceux-ci peuvent être des bourgeons à fruits ou des bourgeons à bois. Les bourgeons qui reçoivent beaucoup de lumière et qui ne sont pas inhibés par des bourgeons plus hauts sont l’avenir de l’arbre (encore une histoire d’hormone végétale : l’auxine). L’arbre va occuper cet espace lumineux disponible en hauteur avant d’être concurrencer par ces voisins, il va donc y pousser rapidement sans gaspiller d’énergie dans la production de fruits. Les bourgeons du haut deviennent donc des bourgeons à bois.
Au contraire, les bourgeons  moins bien placés (en bas de tige) et mal éclairés n’ont pas de place pour se développer, ils deviennent des bourgeons à fruits et sont généralement trapus que les bourgeons à bois.
Enfin, on a des bourgeons encore indéfinis, qui donneront du bois ou des fruits, ce sont des « dards ».

L’auxine est une hormone inhibitrice de croissance produite par chaque bourgeon et transportée par la sève évolué (celle qui va des feuilles aux racines).  Donc, plus un bourgeon est bas, plus il reçoit de l’auxine de la part des bourgeons supérieurs et moins il s’allonge. Il aura d’avantage de chances de devenir un bourgeon fruit qu’un bourgeon bois.

Donc, sur une longue branche vigoureuse qui reçoit beaucoup de lumière et d’énergie, les bourgeons du bas doivent être fortement inhibés pour se transformer en bourgeons à fruits. Pour les inhiber, il faut donc garder beaucoup de bourgeons au-dessus d’eux et tailler long.
Sur une branche basse moins vigoureuse, pas besoin de garder des bourgeons au-dessus, elle est déjà suffisamment inhibée et fera obligatoirement des bourgeons fruits. Le risque est plutôt qu’elle en fasse trop et n’ai pas suffisamment d’énergie pour les nourrir, donc on va tailler court pour ne pas avoir trop de fruits.

Rameau de pommier avec ces boutons à bois et à fleurs.

Une fois que vous avez décidé de couper, assurez-vous que votre matériel soit bien aiguisé et désinfecté. Il serait dommage de blesser l’arbre ou de lui inoculer une maladie alors qu’on ne lui veut que du bien.

Lorsque vous taillez, placez bien votre sécateur : le coté tranchant doit se trouver vers le tronc (la partie qui reste), le côté « plat » vers l’extérieur de la coupe, car ce côté va écraser la branche, hors il est important de faire une coupe bien nette.

Il faut aussi couper au bon endroit de la branche. Si on raccourcit une branche, on taille juste après un bourgeon bien orienté vers l’extérieur, avec une incision oblique juste au-dessus du bourgeon et dont la pente est inclinée vers l’autre côté (pour ne pas que l’eau ruisselle sur le bourgeon).

Si on coupe tout une branche, la coupe se fait juste après le bourrelet cicatriciel, ni trop près du tronc, ni trop éloignée au risque de former un chicot.

Attention aussi lorsque vous coupez des grosses branches, celles-ci peuvent tomber avant la fin de la coupe en déchirant les tissus de l’arbre, on procèdera donc plutôt en 3 coupes.

Maintenant que vous savez comment couper une branche, on va voir quelles branches il faut couper et dans quel ordre…

Pour bien procéder, éliminez d’abord les bois morts ou abîmés avec des chancres ou du gui (coupe sanitaire). Ces bois sont des portes d’entrées pour les parasites.

Une fois cette coupe sanitaire effectuée, on va éclaircir le centre de l’arbre si c’est encore nécessaire.
La plupart des arbres fruitiers,  et particulièrement les pommiers, sont formés en « gobelet ». Une forme ouverte qui facilite la cueillette et l’entretien mais qui n’est pas naturelle. L’arbre va avoir tendance à se refermer en son centre de part sa dominance apicale (croissance vers le haut) et pas à s’étaler en périphérie pour nous faciliter la récolte… On va donc éclaircir le centre de l’arbre pour faire entrer le soleil et l’air. Pour se faire, on va couper tout ce qui vas vers l’intérieur de l’arbre… en plusieurs fois si nécessaire et en respectant quelques règles !
Je vous rappelle que l’idée est d’y aller mollo, pour éviter de stresser l’arbre plus que nécessaire et de se retrouver l’année d’après avec un surplus de branches inopportunes.

Pour mieux comprendre les quelques règles de tailles qui vont suivre, il faut de nouveau comprendre l’arbre et son fonctionnement… On peut le comparer à un réseau routier. La sève circule dans l’arbre des racines vers les branches (sève brute) ou des branches vers les racines (sève élaborée) en empruntant des routes entre les racines et le bourgeon terminal de chaque branche. Dans notre comparaison avec le réseau routier, vous quittez votre domicile (la racine) en empruntant d’abord des petites routes, puis une nationale et l’autoroute jusqu’à la sortie vers le bureau (la feuille) que vous atteindrez en passant de nouveau par une nationale qui mène au zooning et ses plus petites ruelles.
Lorsque que l’on coupe une branche, c’est un peu comme lorsqu’on barre un accès routier. On va essayer de ne pas faire comme sur nos autoroutes belges lors des travaux et éviter les bouchons ou autres désagréments de circulation… et ce en effectuant des déviations logiques et sans trop gros rétrécissement de la voie de circulation.

La circulation de la sève dans l’arbre fonctionne un peu comme un réseau routier reliant les habitations (les racines) aux lieux de travail (les feuilles).

Si vous avez compris la métaphore, vous comprendrez mieux pourquoi  on ne coupe jamais une branche fruitière en plein milieu ! C’est un peut comme si on stoppait la circulation au milieu de l’autoroute et non pas juste après une sortie… imaginez le capharnaüm que cela engendrerait sur nos routes avec toutes ces voitures prisent au piège et obligées de faire demi-tour sur une voie à sens unique! On va plutôt rediriger le flux de circulation sur des voies adaptées qui mènent à la bonne destination. Et dans notre arbre, la destination du flux c’est le bourgeon terminal.

Une branche fruitière est composée d’un départ et de plusieurs rameaux secondaires, puis tertiaires tous terminés par des bourgeons terminaux. Partant du tronc principal, on va remonter le long de cette branche en sélectionnant une seule et principale branche fruitière. On va la diriger jusqu’à l’endroit adéquat (le plus à l’extérieur) où elle ne gênera pas ses voisines tout en bénéficiant de suffisamment de lumière.

Dans le cas des branches qui se croisent, se touchent ou occupent un même espace, c’est comme dans Highlander, il ne peut en rester qu’une ! De même, les fourches devront être simplifiées. Bref, on simplifie le réseau routier et on supprime les zonings qui ne sont plus productifs.

On arrive ainsi à un arbre « aéré », optimisé au niveau de la disposition des branches dans l’espace et donc optimisé pour la photosynthèse et la production fruitière, mais dont la forme générale est la même qu’avant la taille.

Continuons toujours la métaphore du réseau routier… imaginez que pour vous dévier d’une autoroute on vous fasse passer par un seul sentier de campagne, aux heures de pointes (le printemps) ça va bouchonner sévère !!
Pour l’arbre, c’est pareil, on ne dévie son flux que si le réseau restant est suffisamment large que pour accueillir toute la circulation. Il faut toujours anticiper le cheminement de la sève : va-t-elle pouvoir circuler librement dans le réseau restant ? Si les 2 diamètres de branches sont similaires pas de soucis, mais si la branche restante est beaucoup plus fine on va avoir un embouteillage. Résultat, l’année suivante notre arbre aura créé plusieurs petits réseaux secondaires, autrement dits, plusieurs rejets…

Lorsque l’on taille, il faut toujours anticiper le cheminement de la sève

Lorsque l’on pratique la taille douce, on va préparer le futur et donc sélectionner les futures branches fruitières. Les branches fruitières ne sont pas éternelles, il faut anticiper leur renouvellement.

Autre soin à apporter à notre arbre lors de la taille : supprimer les rejets de porte-greffe au risque de voir celui-ci supplanter notre fruitier.
Je m’explique, tout comme les rosiers, bon nombre d’arbres fruitiers sont greffés sur un porte-greffe plus « sauvage ». On pratique ainsi pour avoir des fruits de la variété voulue sur un arbre dont le système racinaire est plus performant et résistant aux maladies. Donc on a une base (système racinaire et début du tronc) sauvageonne sur laquelle on a greffé une variété horticole. La variété sauvage étant plus vigoureuse prendra le dessus sur la variété horticole si on l’a laisse faire.
Il faut donc régulièrement supprimer les repousses sous le point de greffe qui affaiblissent l’arbre sans aucun espoir de porter de délicieux fruits.

Si ça pousse sous le porte greffe, on coupe dès que ça apparait!

La taille douce peut se pratiquer toute l’année lorsque l’on coupe juste « quelques brindilles », mais on privilégiera la période hivernale hors gel lorsque l’arbre est au repos (et qu’on ne risque pas de déranger une nichée d’oiseaux !).

Comme je le disais plus haut,  on ne taille pas tous les arbres fruitiers de la même manière, on distingue particulièrement les arbres fruitiers à pépins (pommiers et poiriers) et les arbres fruitiers à noyaux (cerisiers, pruniers,…).  La taille des arbres fruitiers à pépins aura pour vocation de favoriser la transformation des bourgeons à bois en bourgeons à fleurs tandis que les arbres fruitiers à noyaux n’ont pas besoin de ce coup de pouce, on les taillera pour favoriser le renouvellement du bois.

Les fruitiers à pépins (pommiers, poiriers,…) :
Ils forment des fruits sur des rameaux des années précédentes et sur des rameaux d’un an. Prenez garde, lors de la récolte, à ne pas arracher des morceaux de petits rameaux productifs car ceux-ci produiront des fruits l’année suivante.
On les taille en hiver, hors période de gel, en supprimant les rameaux qui poussent à la verticale (rameaux à bois) pour garder une forme aérée en son centre.
Les poiriers se taillent modérément tous les 2-3 ans.

Les fruitiers à noyaux (cerisiers, pruniers, abricotiers, pêchers,..) :
La taille des fruitiers à noyaux peut se réaliser pendant l’époque de repos hivernal, mais les coupes sont plus sensibles à l’attaque de parasites.
On conseille donc de tailler les cerisiers et pruniers environ tous les 3 ans  et plutôt après la récolte (août/septembre) avec pour objectif d’éliminer le bois mort et les branches enchevêtrées.
Pour les abricotiers et pêchers, on conseille d’effectuer une taille tous les ans pour éliminer les rameaux ayant déjà donnés et ainsi favoriser la pousse de nouveaux brins qui donneront des fruits l’année suivante (les branches ayant déjà porté des fruits n’en donneront plus). Cette taille se pratique en hiver, mais on attend généralement le débourrement des bourgeons (février-mars) afin de différencier les bourgeons à fleurs des bourgeons à bois.
Notez aussi quelques autres particularités :
L’abricotier peut produire en l’absence de taille.
Le cerisier nécessite très peu de taille.
Le pêcher a tendance à vieillir rapidement, il nécessite une taille annuelle assez sévère.
Le prunier réagit vigoureusement à la taille, il faut former de bonnes branches charpentières avant de laisser l’arbre aller à fruits.

Quel que soit l’arbre, n’oubliez jamais que couper une branche de plusieurs années n’est pas du tout anodin sur la physiologie de l’arbre, de même en couper plusieurs la même année, cela représente un gros choc pour l’arbre. Soyez donc patients et faites le en plusieurs fois chaque année pour éviter une explosion de rejets et un trop grand traumatisme pour l’arbre. Jouez à l’écureuil maladroit 😉

Pour finir, il existe des solutions alternatives à la taille. L’idée, c’est de supprimer la dominance apicale d’une branche pour éviter qu’elle ne se développe dans le mauvais sens (vers le haut ou l’intérieur) ou de trop, faisant ainsi concurrence au tronc.

On peut ainsi plier les plus jeunes branches, ou les plus souples et les maintenir arquées vers l’extérieur en les coinçant ou en les attachant avec un lien biodégradable (ficelle, osier souple, raphia,…). Un bourgeon la tête en l’air attirera la sève et aura tendance à faire des feuilles et des tiges au détriment des fruits tandis que si on l’oblige à « baisser la tête » en l’arquant, la circulation de la sève va être contrariée, la vigueur et la croissance en longueur vont se calmer et la fructification va se faire plus rapidement.

On peut aussi pratiquer la réduction de branche. Celle-ci consiste à ralentir le développement en longueur d’une branche  tout en lui laissant du volume. Ainsi, elle continue à porter un feuillage abondant et à alimenter le tronc, aidant celui-ci à grossir. La réduction de branche prévient la concurrence de celle-ci avec le tronc et, à terme, la formation d’une fourche avec celui-ci. La réduction maintient ainsi la branche dans un rôle secondaire par rapport au tronc. Pendant ce temps, le tronc poursuit son développement en hauteur et met en place d’autres branches.  Avec le temps, les branches du bas du tronc deviennent moins essentielles pour l’arbre et, comme la vitesse de croissance de toute branche finit par diminuer, couper une branche vieillissante risque moins d’être suivi d’une repousse au même endroit. L’arbre a déplacé vers le haut son effort de croissance (le zoning du bas est déserté…).
Concrètement, la réduction d’une branche consiste à éliminer seulement quelques segments par pincement de quelques extrémités d’axe. La réduction vise les axes les plus forts, soit l’extrémité de la branche et de quelques-uns de ses rameaux les plus forts. Un suivit de quelques années permet d’assurer que la branche prenne et garde un rôle secondaire par rapport au tronc.

La réduction répond à plusieurs besoins : elle aide à orienter la croissance de l’arbre en évitant de le désorganiser ; elle prévient les problèmes d’ordre esthétique engendrés par de nombreux rejets ; elle empêche les repousses indésirables au mauvais endroit et enfin ; elle évite que soit malencontreusement déclenchée une dépendance de l’arbre aux tailles, ce qui cause des cycles répétés de taille/repousse dans les zones de dégagement.

Réduction de branche par pincement des extrémités.

Quelle que soit la manière que vous adoptez pour entretenir et maitriser vos arbres, n’oubliez pas que ce sont des êtres vivants qui méritent votre considération et votre respect.  Les arbres sont essentiels dans l’écosystème : Ils sont le poumon de la terre et son ancre ;  ils nous nourrissent, nous et d’innombrables autres espèces ;  ils offrent le gîte et le support à de nombreux oiseaux, chauve-souris, mammifères et insectes ; ils nous offrent de l’ombre et de la fraîcheur ; ils nous procurent du calme et de la sérénité et vont parfois jusqu’à recueillir nos plus intimes secrets ou trésors…

La conduite d’un arbre est plus aisée et moins traumatisante pour l’arbre si elle est effectuée dès le début et régulièrement. Mais avant d’abattre vos vieux arbres, même si rattraper un vieux verger dépérissant semble ardu voir impossible, cela en mérite l’effort car cela vous permettra sans doute de sauvegarder un patrimoine de valeur mis à mal …

Prenons soins de la terre ! Entretenons nos arbres avec patience et plantons-en d’autres dès qu’on en a la place !

Harmony


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