Des poules au poil! 2


Avoir des poules dans son jardin, c’est la garantie d’avoir de délicieux œufs frais presque toute l’année et bien d’autres avantages.

Encore faut-il accueillir ces gallinacées de manière convenable!
Trop souvent les poules sont maintenues dans de mauvaises conditions par simple méconnaissance de leurs besoins. Or, les poules sont des êtres vivants qui méritent que l’on fasse le nécessaire pour les accueillir convenablement et leur garantir ainsi une vie heureuse et saine.
De toutes façons, des poules élevées dans de mauvaises conditions seront affaiblies ou déprimées, voir les deux, pondront nettement moins et seront plus sujettes aux maladies.

Nos poules méritent que l’on prenne bien soin d’elles!

Si vous pensez pouvoir élever sainement quelques poules dans un poulailler tout prêt acheté en kit, détrompez-vous ! Les poulaillers de poches vendus dans le commerce sont bien trop petits! Ils peuvent à la rigueur servir d’abri nocturne pour deux ou trois poules naines, mais certainement pas pour garder vos poules confinées dedans toute la journée !

Ce « poulailler » peut juste servir d’abri mais n’est pas suffisant.

Les besoins des poules sont simples et leur entretien est facile, mais il faut respecter certaines règles pour leur garantir le confort nécessaire à leur bien-être.
Quels sont ces besoins ? Comment s’en occuper ? Pour le savoir, suivez la coach !

L’abri

La cabane de mes poules, ne vous fiez pas aux apparences, à l’intérieur c’est tout confort!

Les poules ont besoin d’un endroit sec, aéré et abrité des intempéries, une cabane digne de ce nom où elles pourront pondre et dormir tranquillement.
Le poulailler doit être suffisamment grand pour accueillir vos poules : comptez au minimum 1m² par poule « normale » et 0,5 m² par poule naine. Donc pour 4 poules pondeuses classiques, la « cabane » doit faire au minimum 4 m²… on en est souvent bien loin avec les poulaillers du commerce !
Si vous souhaitez accueillir un bon cheptel, à vous de voir si vous préférez opter pour une grande cabane (dans laquelle vous devrez pouvoir rentrer) ou pour une succession de petits abris à poules.

Il vous faudra peut-être plusieurs abris pour héberger toutes vos volailles.

Votre abri pourra être fait en bois ou en blocs. Le bois est écologique et économique mais certains parasites comme les poux l’apprécient et il est putrescible, il faudra donc le traiter régulièrement, une construction en dur est pus onéreuse mais aura une plus longue durée de vie et protègera mieux vos poules des intempéries et des prédateurs.

L’abri doit impérativement être aéré et sec.  Les poules résistent très bien au froid mais craignent l’humidité et ont besoin d’un air pur au risque de développer des maladies respiratoires comme le coryza qui peuvent rapidement leur être fatal. Prévoyez 2 ouvertures grillagées sur la façade et le mur opposé pour garantir une bonne ventilation de l’abri et ne fermez jamais ces entrées d’air, même lorsque les températures sont très basses, les poules craignent bien plus la chaleur que le froid !
Afin de garder leurs pattes au sec, disposez idéalement votre cabane sur une dalle en béton d’au moins 30 cm d’épaisseur.

cet endroit est aéré et à l’abri de la pluie, toujours au sec, il convient pour abriter les poules.

Placez votre poulailler avec la  façade exposée est/sud-est car les poules aiment dormir au soleil levant, évitez une exposition ouest à cause des vents humides ou une exposition au nord à cause des vents froids.

À l’intérieur, il faudra prévoir un endroit spécifique pour chaque chose, par exemple, les pondoirs ne doivent pas servir de dortoir au risque de devenir vite insalubres.

Chaque chose à sa place à l’intérieur de l’abri.

Les pondoirs : Pour les nids, inutile d’investir dans des pondoirs bien chers. Une simple caisse en bois garnie de paille fera le bonheur de vos poules. Utilisez par exemple des caissettes en bois léger (style caisse à oranges) qui peuvent facilement être remplacée quand elles sont sales ou abîmées.
Les poules aiment choisir le nid où elles vont pondre et en changer de temps en temps, installez donc plusieurs pondoirs pour quelles puisent choisir selon l’envie du moment. Pour gagner de la place, vous pouvez mettre vos pondoirs dans une « étagère ».
Afin d’inciter les poules à aller pondre dans les nids, une astuce toute simple consiste à y déposer un œuf en plâtre. Voyant qu’une de leur congénère à déjà choisi ce nid, les poules seront plus enclines à aller y pondre.

Cette caisse de récupération est appréciée comme lieu de ponte (quand le couvercle est fermé!)

Les perchoirs : Prévoyez des supports pour que vos poules puissent se percher car c’est ainsi qu’elles dorment par instinct ; au sol, elles se sentent vulnérables.
Comptez 30 cm de largeur de perche par poule classique et 20 cm pour les poules naines.

Placez vos perchoirs à +/- 50 cm du sol, pour gagner de la place, vous pouvez les étager selon le même principe qu’une échelle, de manière à ce que la poule du bas ne devienne pas la cible des déjections de celle du dessus… Évitez aussi bien sûr de placer les perchoirs juste au-dessus des pondoirs ou des mangeoires…

Pour réaliser vos perchoirs, utilisez du bois (plus chaud pour les pattes) rond (plus confortable que des chevrons) de diamètre adapté à vos poules (en fonction de la race, de 25 à 45 mm de diamètre). Les branches bien droites d’arbustes comme le noisetier sont parfaite pour faire des perches.

Les poules préfèrent dormir perchées.

La litière : Elle permet d’isoler le poulailler du froid et de l’humidité, d’absorber les déjections et
de divertir vos poules qui aiment gratter dedans. La litière est importante car elle maintien vos poules en bonne santé et favorise leur confort.

Elle doit rester sèche et être renouvelée dès qu’elle est humide car c’est alors qu’elle devient un foyer d’infection source de nombreuses maladies pour vos volailles. Vous pouvez utiliser de la paille ou de la sciure, mais un mélange de tourbe et de sable du Rhin retiendra nettement mieux l’humidité.

La mangeoire : Installez-la sur une surface nue, sans litière, et choisissez-la suffisamment grande (ou en nombre suffisant) pour que toutes vos poules puissent y avoir accès en même temps.

L’abreuvoir et la mangeoire sont sur une surface sans litière.

L’abreuvoir : Il doit rester propre afin de ne pas contaminer l’eau. Celle-ci doit rester potable et à bonne
température (ni trop chaud ni trop froid) toute l’année, elle doit donc régulièrement être changée. Afin de limiter l’humidité à l’intérieur de l’abri, installez l’abreuvoir en dehors de celui-ci ou alors, ne mettez pas de litière
en dessous mais plutôt une soucoupe pour éviter les flaques d’eau. N’hésitez pas à installer plusieurs abreuvoirs tout au long du parcours, les poules doivent pouvoir boire souvent.

Le parcours

Avoir un bon abri, c’est bien, mais ce n’est pas suffisant. Vos poules ont besoin d’espace pour se promener, courir, gratter,… Un espace de minimum 2m² par grande poule ou 1 m² par poule naine est le strict minimum vital! Il faut même compter un espace de 20 m² par poule pour que celles-ci puissent gambader sans saccager complètement le terrain. Outre le fait d’éviter le champ de boue, plus l’enclos est grand, moins vous aurez de problèmes de maladies, de promiscuité, de manque de ressources naturelles…

Vos poules ont besoin d’espace pour se promener, courir, gratter,…

Si vous désirer lâcher vos poules dans votre jardin, n’oubliez pas que celles-ci sont de ferventes gratteuses! Vos semis, jeunes plantes, paillages risquent de ne pas apprécier du tout. C’est d’ailleurs pour ça que mes légumes sont en cage…

Un bon compromis est de placer votre poulailler dans votre coin verger. Les arbres fruitiers ne craignent pas le grattage des poules et leur offre de l’ombre et de beaux perchoirs. De plus, les poules vont éliminer les larves et autres présents dans les fruits tombés au sol et ainsi assainir la zone et protéger vos fruitiers de nombreux ravageurs.
Il faudra toutefois protéger vos jeunes arbres avec un grillage le temps qu’ils se développent suffisamment!

Le parc de mes poules contient un verger et le compost.

L’enclos

L’idéal pour éviter les pertes dues aux prédateurs est de renfermer vos poules pour la nuit. On peut le faire en les enfermant dans leur cabane, mais ce n’est pas toujours possible. De plus, à moins d’avoir un système d’ouverture automatique, il faudra être présent chaque jour pour leur ouvrir la porte ; Fini les grasses mat’ et les découchages, vos poules se lèvent à l’aurore et ont besoin de sortir.
De plus, les attaques ne se font pas que la nuit…
Il leur faudra donc aussi prévoir un enclos bien clôturé contre les fouines et les renards.

Parfois, il faut avoir recours à une vraie forteresse pour éviter l’intrusion des renards.

Prévoyez un grillage à mailles fines (grillage à poules) haut (1m80) et enterré (40 cm) au risque de voir tout votre cheptel décimé sur un instant… un renard, ça creuse et ça saute haut ! Pour les fouines, c’est parfois plus compliqué, elles passent facilement dans le moindre trou de la clôture. Contre elles, les lampes anti-fouine fonctionnent bien, à condition de changer les piles quand c’est nécessaire !

Grillage à poules.

Les poules

Les poules sont des animaux sociaux, elles ont besoin de la compagnie de leurs congénères. Il en faut au moins 4 pour qu’elles soient bien. Un coq n’est pas nécessaire pour avoir des œufs, mais bien pour avoir des poussins! Il a en outre un rôle fédérateur dans la bassecour, c’est lui qui rassemble, protège et chouchoute les poules.

Les poules ont besoin de la compagnie de leurs congénères.

La race a énormément d’importance. Pondeuses, mixtes ou de chair ; grandes, normales ou naines ; le choix est vaste et chaque race à ses propres caractéristiques et son comportement ! Par exemple, les poules naines nécessitent moins de place mais sont moins bonnes pondeuses et s’envolent plus facilement (ce qui n’en fait pas non plus des oiseaux de haut vol…).

Il existe de nombreuses races Belges, mais elles ne sont hélas pas toujours faciles à dénicher. En voici les principales : Pour les grandes poules : L’Ardennaise, La Brabançonne, La Fauve de Hesbaye, La Herve, Modave ; et pour les poules naines : La Bassette Liégeoise, Herve, Tournaisis (listing complet des poules belges).

Pour vous procurer vos poules, je vous conseille vivement de vous adresser auprès d’éleveurs spécialisés ou après de particuliers passionnés. Évitez les poules vendues sur les marchés, non seulement elles sont fortement stressées par l’expérience mais j’y ai aussi fréquemment eu des poules qui n’ont jamais pondus d’œufs mais qui faisaient très bien « cocorico »…

poules de race « Padoue ».

Afin de leur donner une seconde vie plus confortable, vous pouvez aussi opter pour l’achat de poules de réforme. En effet, les élevages de poules pondeuses se débarrassent de leurs poules au bout de 2 ans pour des questions de rentabilité, certaines associations vous proposent de les racheter pour leur éviter l’abattoir. Vous offrirez ainsi quelques années de bonheur à des poules qui avaient mal démarré leur vie et qui vous le rendront bien. Si vous optez pour cette solution, attendez vous à recevoir des poules en piteux état et déplumées qui auront bien besoin d’un bon abri le temps de reprendre des forces et de belles plumes !

Vous pouvez aussi offrir une seconde vie à des poules de réforme.

La nourriture

Pour les nourrir, optez pour un mélange de graines concassées et bio si possible. Décryptez les étiquettes et évitez les mélanges qui contiennent des farines animales, des antibiotiques de l’anticoccidiose ou des OGM. La ration
quotidienne de graines est d’environs 120 gr de graines par poule selon la race.

Un apport quotidien de graines n’est cependant pas suffisant, les poules sont omnivores. Il leur faut aussi des vers, des insectes, des limaces, des grenouilles ou lézard, des souris ou mulots, des semences, de la verdure tendre, des fruits succulents, … qu’elles se procureront elles-mêmes, d’où le besoin d’espace et le cloisonnement du potager.

Déparasitage de buisson en cours…

Elles apprécieront aussi vos déchets de cuisines et restes de repas (pas trop salés ou saucés…). Les restes doivent être distribués avec parcimonie, ils doivent être consommés dans la journée afin d’éviter qu’ils fermentent ou pourrissent. Les poules mangent la même chose que nous, n’espérez donc pas qu’elles vous débarrassent de vos pelures d’orange ou de melon !
Évitez de leur donner du pain, celui-ci est bien moins nourrissant que leurs graines et prend plus de place dans leur ventre. Elles risquent alors une carence en vitamine A ce qui serait préjudiciable à leur santé et leur plumage (la vitamine A est essentielle pour une bonne production de leur glande uropygienne, glande « graisseuse » au niveau du croupion qui assure, par sécrétion enrobant les plumes, l’imperméabilité du plumage).
Une fois par semaine, vous pouvez aussi huiler leur ration quotidienne de graines avec de l’huile de foie de morue.

Les poules apprécient les restes de nos repas.

De nouveau, un bon compromis est de mettre votre compost dans le poulailler, les poules y
trouveront de quoi se régaler tout en aérant votre compost…

Pour faciliter leur digestion, vu qu’elles n’ont pas de dents, les poules ingèrent de petits cailloux pour les aider à broyer les graines dans leur estomac. Il est donc utile de mettre à leur disposition ces petits cailloux (= grit).

Les poules ont aussi besoin d’eau fraîche renouvelée régulièrement, elles boivent presque deux fois plus qu’elles ne mangent et la qualité de l’eau est essentielle pour avoir des poules en pleines formes.

Les soins

Une poule en bonne santé peut vivre plusieurs années (4 à 10 ans, selon la race). Mais pour quelle garde la forme, il est bon d’adopter quelques petits trucs supplémentaires.

Le bain de cendres : Les poules ont besoin de se rouler dans de la poussière pour se débarrasser de leurs parasites. Prévoyez donc un espace au sec où elles peuvent se rouler dans la terre et même mieux, dans la cendre de bois tamisée !

Cet amas étrange est en fait une poule nègre soie qui prend son bain de poussière.

Les antiparasites naturels : Permettre à vos poules de prendre leur bain, c’est bien, éviter que les parasites s’installent c’est mieux ! Les parasites comme les poux rouges ont vite fait de se nicher dans la paille et les diverses interstices du poulailler, ils sucent le sang des poules, les affaiblissent et sont vecteurs de maladies.
Pour éviter qu’ils ne s’installent, placez des plantes répulsives et odorantes (tanaisie, fougères, laurier, lavande, romarin, pin,…) séchées en bouquets suspendus (pour la tanaisie ou les fougères que les poules ne les mangent pas), en mélange avec la paille des nids ou broyées dans la litière.
En cas d’invasion, après avoir bien nettoyé le poulailler, vous pouvez traiter de manière naturelle avec de la terre de
diatomées
que vous saupoudrer dans les nids et sur les parois et le sol du poulailler.  La terre de diatomées est
composée de minuscules cristaux très pointus et abrasifs qui, par leur forme, blessent mortellement les poux. L’effet de cette poudre est mécanique et non chimique. Elle devient inactive dès qu’elle est humide (à conserver au
sec !). Vous pouvez aussi l’utiliser pour en badigeonner vos poules infestées, versez en délicatement sous leurs plumes. Restez cependant prudent lors de son utilisation, ne le faite pas quand les poules sont enfermées et
évitez de la respirer, elle est abrasive pour nos poumons…

Le vermifuge : Les poules contractent facilement des vers parasites. Bien que toutes les espèces de vers ne soient pas dangereuses pour la santé de vos poules, certaines peuvent engendrer des pertes de poids, une diminution de la ponte et même conduire à la mort de l’animal. Il est donc important de vermifuger vos poules au moins une fois par an (en automne). Pour ce faire, vous pouvez ajoutez 5 à 10 ml de vinaigre de cidre par litre d’eau (attention, pas dans un abreuvoir métallique… sinon ça rouille !). En plus des vitamines et minéraux, le vinaigre de cidre a une action antiseptique et antibiotique. Cela veut dire qu’il peut aider à combattre les bactéries et les germes présents dans l’organisme de vos poules. Il contribue également à augmenter l’acidité de l’eau, rendant ainsi les intestins de vos poules plus résistants aux bactéries. Attention de ne pas en abuser non plus, le vinaigre de cidre aurait tendance à ramollir les coquilles d’œufs.
Les gousses d’ail broyées, en addition à l’alimentation ou à l’eau de vos poules, peuvent renforcer les défenses internes de vos poules face aux parasites. Broyez 3 ou 4 gousses d’ail et mélangez-les à la nourriture destinée à vos poules. Vous pouvez aussi en ajouter dans leur eau.
Quel que soit le traitement naturel choisi, il est important que vous l’appliquiez sans interruption pendant 4 à 5 jours pour créer un environnement suffisamment inhospitalier pour les vers.

L’ortie, une plante santé pour nous mais aussi nos poules (sur la photo, une des poules de réforme vues plus haut quelques semaines plus tard…)

Les mélanges santé : Il est bon de donner de temps en temps un « mélange santé » à vos poules, particulièrement en période de mue (au printemps et en automne, lorsque les poules perdent leurs plumes pour changer de manteau
hiver-été) ou dès que vous suspectez le moindre début de rhume ou d’affaiblissement de vos poulettes.
Par exemple, mélangez à de la semoule cuite (ou des pates ou du riz), des herbes de Provences (particulièrement
du thym : antiseptique, antibiotique, antiviral, antifongique,…), du vinaigre de cidre, de l’ail et donnez-le à vos poules. Ce mélange est à la fois vermifuge mais aussi anti-infectieux et va booster les défenses immunitaires de vos poules.
Vous pouvez aussi rajouter de l’ortie broyée (riches en minéraux et excellente pour les défenses immunitaires, du
blanc d’œuf (les poules manquent généralement d’albumine quand elles muent), de l’huile de foie de morue,… à chacun sa « popote » maison !
En période de mue, il est aussi indispensable d’ajouter un supplément de graisse à la ration journalière (huile,
beurre, fromage,…).

Les suppléments alimentaires : La production d’œufs nécessite des apports considérables en sels minéraux. L’absence de coquille ou une coquille molle est le signe d’une carence en calcium. Pour éviter ces carences, fournissez des coquilles d’œufs broyées, ou mieux, des coquilles d’huitres broyées en supplément. N’utilisez pas des coquilles de moules, elles se broient nettement moins bien et peuvent blesser vos poules.
Les poules ont aussi besoin de sels calcaires (chaux), ce qui est moins connu car généralement elles en trouvent par elles-mêmes dans les débris provenant des constructions. Assurez-vous qu’elles aient accès à un dépôt de chaux (mortier ou débris de maçonneries) dans un endroit à l’abri de l’humidité. Vous pouvez aussi incorporer un peu de craie pulvérisée (chaux sèche) à votre mélange « santé ».

Le comportement

Une vie en groupe hiérarchisée: Les poules sont des animaux sociaux, qui ont besoin de compagnie, et particulièrement de celle de leurs congénères.
Au sein de leur groupe une hiérarchie s’installe et évolue au fil du temps. Il y a toujours une poule meneuse, je l’appelle la matriarche, qui mène le groupe et instaure sa loi, des poules dominantes et des poules soumises. La hiérarchie à un impact sur pratiquement toutes les activités de nos poules tout au long de la journée, les poules haut placées dans le groupe ont priorité sur la mangeoire, l’abreuvoir, le bac à poussière, les meilleurs lieux de ponte, le perchoir le plus haut,… Plus leur statut social est élevé, plus elles accèdent aux meilleures places !
Cette hiérarchie provient d’un comportement inné et naturel. La place de chaque poule dans l’ordre hiérarchique dépend de son aspect physique (plumage, taille), mais aussi de l’ancienneté dans le groupe, de la forme physique (un sujet malade redescend dans la hiérarchie), du caractère opportuniste de certains individus et de la protection du coq qui a ses favorites.

Les poules ont besoin de hiérarchie et d’une « matriarche ».

Les poules dominantes ne vont pas hésiter à remettre les autres à leur place en leur donnant quelques coups
de becs sur la tête et le cou, on appelle ça le picage. C’est un comportement normal que les soumises acceptent tout naturellement. L’idéal est de ne pas intervenir au risque de voir la mise en place de la hiérarchie retardée avec
ces nouvelles venues, et de créer sans le vouloir, encore plus de problèmes.
Laissez-les faire sans intercéder à moins qu’une de vos poules ne soit blessée à sang, dans ce cas seulement il faudra isoler la poule le temps de la soigner convenablement avant de la réintroduire dans le groupe.
Si votre « matriarche » est trop agressive, vous pouvez perturber l’ordre de la hiérarchie en isolant non pas la poule blessée mais la  dominante qui perdra alors son statut lors de son absence.

Lorsque vous introduisez de nouvelles poules, elles doivent s’intégrer au groupe et cela ne se fait pas sans quelques plumes qui volent. Ne vous inquiétez pas, elles s’intégreront vite dans l’ordre du poulailler. Mais celle se passera plus en douceur si vous l’introduisez de nuit et si elle n’est pas toute seule, c’est pourquoi je vous suggère de les adopter par deux au minimum, surtout si elles sont jeunes.

Si vous avez de nombreuses poules, vous pouvez aussi voir l’apparition de sous-groupes au sein de votre cheptel. De nouveau, la taille du terrain et la mise à disposition des éléments du poulailler  à son importance pour éviter des guerres de gangs…

Le coq, chef de la bassecour: Il n’est pas obligatoire d’avoir un coq dans sa bassecour, mais la présence de celui-ci n’est pas négligeable. En effet, un bon coq s’occupe de ses poules, il leur trouve les bons points de nourriture, défend leur territoire, fédère le groupe,… Et puis c’est à mourir de rire quand on voit le manège qu’un coq peut faire pour séduire ses dames !
Lorsqu’il n’y a aucun coq dans le poulailler, c’est une poule qui prend en charge son rôle car le groupe à besoin d’un leader incontestable ! Ces poules peuvent même quelquefois se mettre à avoir des comportements typiques de coq jusqu’à chanter comme lui !

Coq nain croisé, un vrai zinneke!

Le coq à ses devoirs, mais aussi ses privilèges et il fera en sorte d’être le seul à en profiter ! Si un autre coq est présent dans la basse-cour, le dominant le chassera dès qu’il approchera de trop près lui et ses poules. Celui-ci cherchera aussi à lui arracher les plumes du cou et de la queue, symboles de dominance. Des combats peuvent avoir lieu régulièrement entre deux coqs vivant sur un même territoire.

Les jeunes coqs cohabitent très bien, tant qu’ils sont jeunes…

Si l’espace est trop réduit, si le nombre de poules est insuffisant (comptez 5 à 10 poules par coq), on peut
même assister à des combats sanglants qu’il ne faut pas hésiter à stopper. Il vous faudra donc absolument éviter d’avoir des coqs en surnombre, surtout au printemps quand les ardeurs sont à leur maximum.
Il ne faut pas non plus avoir trop peu de poules, si vous n’avez qu’une ou deux poules pour un coq, celles-ci risquent vite d’être épuisées par les assauts incessants de votre insatiable reproducteur… Maintenant, le nombre de poules
minimum pour un coq dépend aussi des ardeurs de celui-ci.

La poule aime ses habitudes : Et oui, elles sont comme ça nos cocottes, de vieilles mémères qui ont leurs petites coutumes. Prenez donc l’habitude de respecter certains petits rituels.
Par exemple, pour le nourrissage, donnez-leur leur ration de graines le matin et les restes des repas en fin d’après-midi. Très vite, vos poules vous attendront de pied ferme ! Ces horaires précis vous permettront aussi de pouvoir facilement les renfermer et de vérifier l’état des troupes.

Ces deux Bantam de Pékin attendent chaque soir que nous passions à table sur la terrasse…

Ne perturbez pas inutilement leurs habitudes, ne modifiez pas l’intérieur de votre poulailler à tout bout de
champ et surtout pas pendant la ponte, attendez la période de repos, de préférence pendant la mue. Si vous changez d’alimentation, faites-le progressivement.

Le bruit, l’agitation, les cris, les gestes inutiles peuvent très facilement effaroucher vos poules et les
stresser. Respectez leur calme. Ne les perturbez pas inutilement et ne mettez pas les zones de jeux à proximité du poulailler.
La poule connait celui (ou celle) qui s’en occupe mais elle n’apprécie pas la visite d’inconnu dans son domaine. L’accès au poulailler est idéalement réservé à une ou deux personnes (les soigneurs attitrés), les visites étrangères sont
déconseillées (stress, risque de contagion,…).

Les poules ont une bonne mémoire… Si vous devez en capturez une, faites-le de préférence le soir, lorsqu’elles sont endormies. Si vous devez le faire de la journée, faites-le le plus discrètement possible, avec une épuisette. Et lorsque vous devez sacrifier un oiseau, procédez hors de vue du poulailler ! Il ne faut pas qu’elles gardent un mauvais souvenir à votre vue…

La poule passe son temps à farfouiller le sol: elle gratte le sol à la recherche de nourriture même si son écuelle est remplie de graines. De nouveau, c’est instinctif, il faut donc faire avec et c’est bien pour cela qu’elles ont besoin d’autant d’espace pour ne pas tout labourer… et qu’il faut protéger vos plants les plus fragiles si vous leur laissez libre accès au jardin.
Un bon moyen d’occuper vos poules est de jeter une poignée de graines à même le sol. Elles pourront ainsi grattouiller et picorer à loisir. De nouveau, respectez les habitudes. Les graines distribuées à la volée le seront toujours au même endroit, idéalement abrité de la pluie où elles peuvent gratter la terre, un sol sur lequel vous abandonnez tout espoir de plantation….

Les poules aiment gratter le sol à la recherche de graines et de larves d’insectes.

Les poules savent voler et certaines plus que d’autres : Les poules, particulièrement celles de petits gabarits plus légères, peuvent s’avérer douées en vol ! Si le grillage de leur enclos n’est pas assez haut ou qu’elles ont accès à un perchoir, arbre, ou autre point d’appui proche de la clôture, elles auront vite fait d’aller explorer les alentours du poulailler et d’agrandir sans votre consentement leur zone d’exploration.
Rassurez-vous, elles ne vont pas très loin et comme elles ont leurs habitudes, elles reviendront toujours dans leur poulailler une fois la promenade finie… à moins qu’elles ne fassent une mauvaise rencontre (voiture, chien,…), qu’elles
ne sachent retourner dans l’enclos, où qu’elles trouvent un autre poulailler plus confortable (j’ai déjà eu des poules de mes voisins qui se trouvaient en surnombre et qui sont venue s’installer chez moi).
Pour éviter ce désagrément et surtout les risques d’accident, vous pouvez leur couper les plumes d’une aile, ce qui va déséquilibrer leur vol. L’opération, quand elle est bien faite, est aussi douloureuse que lorsque l’on se coupe les
ongles ;  on coupe dans la plume, ce qui est totalement indolore. Pour le faire, prenez votre poule, coincez-la dans
vos bras et étendez son aile. Prenez le temps de bien regarder où se situe la limite entre les premières plumes (les rémiges, qui sont plus longues et très distinctes des autres) et les suivantes, c’est à cet endroit qu’il faut couper ; c’est plus facile de le faire à deux, un qui tient, l’autre qui coupe.

Les poules aiment dormir à la belle étoile : Si elles ont le choix, les poules préfèrent dormir perchées dans un arbre plutôt que dans une cabane. Bien calées sur leur branche, elles endurent toutes les intempéries sans broncher car elles préfèrent l’air frais à l’air vicié d’un endroit confiné.  Il y a des avantages et des inconvénients à les laisser faire.
Vis-à-vis des prédateurs, elles sont certes bien plus exposées, mais elles ont plus de chance de s’en sortir que si elles se retrouvent coincées dans leur cabane avec un renard qui aurait réussi à rentrer dedans. Les miennes dorment perchées dans le sureau à 4-5 m de haut… et elles y sont plus en sécurité que dans leur cabane qui n’a même pas de fermeture. L’enclos que j’ai suffit à contenir les quelques rares renards de passage, mais si vous habitez dans une zone où la pression des  renards est forte, une cabane bien sécurisée sera plus appréciable que les joies du grand air.
Vos poules risquent moins de tomber malade si elles dorment dehors, mais elles retrouveront aussi plus leur instinct sauvage et auront plus tendance à aller pondre où bon leur semble…

Si vous leur laissez le choix, les poules préfèrent dormir dans un arbre au grand air!

Chapelets et couvaison : Une poule pond un œuf par jour, mais elle ne pond pas 365 jours par an! Elle a besoin de périodes de repos pour reformer son chapelet d’œufs. Le chapelet, c’est la grappe d’ovules disponibles pour une ponte et entre chaque ponte (une fois le chapelet terminé et/ou couvaison) la poule fait une pause plus ou moins longue le temps de reprendre des forces et que le chapelet suivant arrive à maturité. La longueur du chapelet et la durée de repos (de quelques jours à quelques semaines) dépendent principalement de la race et de l’âge de la poule. Les races pondeuses ont des chapelets plus longs et besoin de moins de repos, de même pour les poules plus jeunes.

Bien calée dans son nid, cette poule couve.

L’instinct pousse de temps en temps les poules à couver, même si les œufs ne sont pas fécondés ou qu’il n’y
en a pas sous elles. Une poule qui couve ne quitte pas le nid, elle se gonfle et essaye même de vous donner des coups de becs si vous l’approchez.
Lorsqu’une de vos poules couve, vous avez deux choix, soit lui mettre des œufs fécondés et attendre l’arrivée des poussins, soit non.
Si vous ne lui mettez pas d’œufs à couver, ne la laissez pas s’épuiser à rester sur son nid pour rien. Dérangez-la en la sortant du nid 2 à 3 fois par jour, placez-la alors près d’un abreuvoir, c’est généralement dessus qu’elle se jette
en premier! Au bout de quelques jours elle devrait abandonner le nid. Certaines poules sont plus bornées que d’autres, il vous faudra peut-être alors leur bloquer l’accès au nid. Même dans ce cas, il y en a qui s’acharne et se mette à
couver hors nid… Il faut alors continuer à la déranger, au moins pour qu’elle boive et se nourrisse plusieurs fois par jour. Les anciens vous conseilleront de l’enfermer 2 ou 3 jours dans une petite cage obscure ou dans un sac de toile
de jute, personnellement, je préfère éviter de telles pratiques…

Enfin, sachez qu’une poule qui a la crête bien rouge est le signe qu’elle pond… si vous n’avez pas le bon compte d’œufs journalier, il se peut qu’une de vos poulettes (voir plusieurs), ai décidé de s’aménager un nid ailleurs que dans un de ses pondoirs. Avec des poules, c’est parfois pâques un peu toute l’année quand il faut dénicher les œufs dans les recoins du jardin.

Ginger est une spécialiste du nid caché, ici derrière les yuccas!

Les poules et les autres animaux : Les poules peuvent parfaitement cohabiter avec les autres animaux tant que leurs besoins respectifs sont respectés.
Les chiens et chats peuvent côtoyer les poules. Si vous avez un chien, veillez cependant à ce que celui-ci comprenne bien que les poules ne sont pas au menu ni des jouets. Les chats comprennent généralement très bien que « ces oiseaux-là appartiennent aux humains » et qu’il ne faut pas y toucher et peuvent s’avérer utile pour chasser les rongeurs qui squattent le poulailler.
Les canards et les oies peuvent cohabiter avec les poules si l’espace est suffisant. Mais ils ont besoin d’avoir accès à une pièce d’eau (où les poules peuvent se noyer) et salissent très fort leur environnement, le rendant vite boueux et insalubre pour les poules, il vaut donc mieux prévoir des enclos séparés.

Les oies cohabitent bien avec les poules, tant qu’il y a assez d’espace!

La présence de ruche dans un poulailler ou à proximité fait depuis longtemps débat. Pourtant, les poules ne semblent pas stresser les abeilles et l’inverse non plus (choisissez une race d’abeilles calme). La cohabitation est pacifique et depuis l’arrivée du frelon asiatique, les poules sont nettement plus appréciées par les apiculteurs ! En effet, si la volaille mange quelques abeilles tombées à terre, malades ou en fin de vie, elle se nourrit surtout de  tous les frelons à l’affût devant les ruches  et dont le vol stationnaire est bruyant. La poule se régale de ce gros insecte dont le corps chargé de protéines. La poule noire de Janzé, race française quasi éteinte, semble être la race la plus prépondérante à l’attaque de frelons.

Ces poules cohabitent très bien avec le rucher voisin.

Les poules aiment leur humain : Si vous vous en occuper convenablement, vos poules vous manifesteront vite de la gratitude. Elles accourent à la vue de leur soigneur, mais cela peut aller bien plus loin si vous passez plus de temps avec elles. Chez nous, les poules viennent nous dire bonjour sur la terrasse, parfois jusque dans la cuisine (au grand désarroi de mon mari), elles me suivent et sont curieuses de ce que je fais quand je jardine (ok, je n’ai pas dit que ce n’était pas désintéressé), elles viennent me présenter leur poussin… Régulièrement, nous avons une « poulemouth de compagnie », celle qui est la plus soumise et qui fini par préférer notre compagnie à celle de ces congénères. Contrairement aux apparences, les poules sont intelligentes (sisi, elles risquent de vous surprendre !) et savent à qui elles peuvent faire confiance, vous pouvez même leur apprendre des tours. Je suis même ébahie par ce qu’une poule peut parfois « endurer » pour amuser son humain, surtout lorsque c’est un enfant qui est son soigneur attitré et que, bien sûr, il respecte l’animal…

Aucune poule n’a été maltraitée lors de la prise de cette photo…

Les poussins

Vous aurez peut-être envie d’aller plus loin d’en votre élevage et d’avoir des poussins.

Et si on élevait des poussins?

Pour le faire de manière naturelle, attendez simplement qu’une poule couve et glissez-lui des œufs fécondés. Ne placez pas trop d’œufs, la poule doit savoir tous les couvrir, 4 à 12 œufs selon sa taille.
Pour avoir des poussins en pleine forme et bien développés pour affronter l’hiver, ne laissez pas une poule couver tardivement (en juin et plus tard). Les poussins qui naissent fin juin n’auront pas assez de temps pour se développer et être adultes avant le mois d’août quand les jours raccourcissent, or le manque de lumière influence défavorablement leur développement et leur santé en pâtira, les poulets seront moins vigoureux.
Sélectionnez des œufs fécondés (il faut donc un coq) pondus moins de dix jours auparavant, qu’idéalement vous aurez conservés au frais (cave) et retournés 2 fois/jour afin que le germe ne se colle pas à la coquille, et placez-les sous votre poule une fois que vous êtes sûr qu’elle couve bien (qu’elle est depuis au moins 2 ou 3 jours sur le nid) et le soir de préférence. Marquez les œufs sélectionnés et placez-les au même moment. S’il y en a sous la poule quand vous le faites, retirez-les, les poussins doivent éclore le même jour et l’éclosion se fait après 21 jours après la mise en couvaison.

Nid « sauvage » d’une de mes poulettes.

Votre poule devra quitter le nid de temps en temps pour boire, manger, se dégourdir les pattes et faire leur besoin. Si elle ne quitte jamais le nid d’elle-même, votre poule va s’affaiblir par manque d’exercice et de nourriture et le nid deviendra vite sale avec les déjections, risquant d’infecter les œufs. Il faut donc observer votre poule et vérifier qu’elle fasse au moins une sortie journalière. Si elle ne le fait pas, il faudra alors l’y inciter. Prenez la poule et laissez la tomber au sol sans brusquerie mais sans l’y déposer non plus,  en procédant ainsi, vous l’obligez à déployer ses ailes ce qui a pour effet de vider ces intestins et aide à garder le nid propre. Après s’être restaurée, la poule retournera bien vite à son nid qui aura eu le temps de s’aérer et les œufs de se refroidir ce qui est très important dans le processus de couvaison.
Profitez de cette balade quotidienne pour vérifiez qu’il n’y a pas d’œuf cassé ou que d’autres poules n’ont pas pondu dans le nid (d’où la nécessité de marquer les œufs), vous pouvez éviter ce désagrément en isolant la poule qui couve. Profitez aussi de ce moment pour mettre une poignée de terre de diatomée dans le nid, en effet, votre poule va rester un bout de temps sur son nid et il faut éviter que les parasites ne s’installent avec elle.

Poussin à peine éclos, sa mère veille.

Au terme des 21 jours, laissez votre poule tranquille, les poussins sortirons d’eux-mêmes de leur coquille et votre poule s’aura très bien s’en occuper, elle viendra même sans doute d’elle-même vous présenter sa progéniture. Attendez donc qu’elle soit sortie avec ses poussins pour débarrasser le nid des coquilles et des œufs non éclos (attention, ce sont de vrais petites bombes puantes si vous les cassez).
Il se peut toutefois que les coquilles de vos œufs soient trop dures pour les poussins, ce qui est le cas chez moi. Si c’est le cas (et seulement si), et que votre poule vous fait suffisamment confiance, il est parfois utile d’intervenir lors de l’éclosion. Surveillez les œufs le jour prévu de l’éclosion. Le poussin met parfois du temps à sortir de l’œuf, mais si au bout de quelques heures après avoir commencé à fendre sa coquille il n’a toujours pas su passer le bec, il faut parfois l’aider en ôtant délicatement quelques morceaux de coquilles. Ne l’en débarrassez pas entièrement, faites seulement en sorte que le trou soit assez grand pour sa tête, il doit sortir de l’œuf de lui-même.

Snow, après avoir disparue 21 jours, est venue nous présenter sa couvée surprise.

Une fois sortis de l’œuf, les poussins ont besoin de chaleur et c’est leur mère qui va le leur apporter. Il se peut parfois qu’un retardataire reste dans le nid alors que la poule décide de sortir avec le reste de la couvée. Si il reste trop longtemps loin de la mère, il va très vite se refroidir et risque d’en mourir. Remettez-le près d’elle. S’il n’arrive pas à la suivre ou qu’elle le rejette, mettez-le sous une lampe chauffante pour le reste de la journée, vous le remettrez le soir venu auprès des autres sous la poule.

Ce jeune poussin retournera vite se blottir sous sa mère.

Durant les 24 à 48 heures suivant l’éclosion, ne nourrissez pas les poussins ! Ils ont assimilés avant de naitre une portion du jaune d’œuf suffisante pour ce laps de temps (c’est pour cela qu’il doit sortir lui-même de la coquille). L’absorption hâtive d’aliment provoque parfois des troubles digestifs auxquelles succède une diarrhée fréquemment mortelle.
Une fois ce délais passé, assurez vous qu’ils aient facilement accès à de la nourriture et de l’eau fraîche. Il est important d’utiliser des récipients adaptés aux rebords pas trop hauts pour être accessible sans efforts, surtout pour l’eau et que vos poussins ne se noient pas dedans. N’hésitez pas à leur mettre la nourriture au sol, leur mère va de toute façon certainement renverser leur bac pour leur faire découvrir les joies du grattage !

Directement dans la gamelle, c’est plus simple!

Comme nourriture, donnez-leur de la farine premier âge à laquelle vous pouvez ajouter un jaune d’œuf cuit dur (donnez le blanc à la poule) ou une omelette, plus digeste pour le poussin ; mélangez à de la mie de pain trempée dans du lait, des orties/oignons hachés, un peu de poivre. Après 4 à 5 jours, remplacez les œufs que vous ajoutez à la farine par de petites graines (millet, blé concassé,…) et après 15 jours vous pouvez passer à une farine deuxième âge ou même déjà au mélange de graines concassées.

Bouillie pour poussins maison: riz, orties broyée et jaune d’œuf, ils adorent!

Pour le reste, votre poule sait quoi faire. Elle restera près du nid les premiers jours et emmènera ses poussins de plus en plus loin. Restez toutefois toujours attentifs aux cris de détresse qu’un poussin pourrait émettre, il se peut qu’il se soit mis dans une posture qui nécessite votre intervention rapide. Selon le caractère de vos poules, vous devrez peut-être isoler la mère et ses poussins du reste du poulailler durant les premières semaines.
Au bout de 3 mois, les poussins sont assez robustes pour se faire une place au sein d’un nouveau cheptel et peuvent donc intégrer un nouveau poulailler. Ils seront mâtures sexuellement au bout de 5 à 12 mois (selon la race, les races légères étant généralement plus précoces).

Cette méthode d’élevage de poussins n’est bien sûre pas la seule ni la plus « fructueuse », il en existe beaucoup d’autres dont certaines où la mère n’intervient pas. Mais vous commencez à me connaitre, je préfère laisser faire la nature. En laissant votre poule s’occuper de ses poussins, vous aurez certainement des pertes, c’est la sélection naturelle, mais les poussins qui arriveront à l’âge adulte seront bien plus débrouillards et résistants que ceux élevés en couveuse !

Snow, ma regrettée Bantam de Pékin, a élevé toute seule ses 7 poussins surprises jusqu’au bout!

L’important est de choisir une bonne mère poule pour s’occuper de ses poussins. La race à son importance, certaines sont réputées pour être bonnes mères, ce qui est notamment le cas de mes Bantam de Pékin, ça aide !
Les poules de races améliorées (les poules hybrides très productives du marché) ne conviennent pas, car leurs qualités de couveuses ont été supprimées par sélection (un peu comme les légumes F1). Au sein d’une même race, certaines poules sont meilleures que d’autres. Les poulettes de moins d’un an sont souvent moins bonnes mères que les poules plus âgées. Généralement, celles qui défendent le plus farouchement leurs nids sont de bonnes candidates.

Enfin, n’oubliez pas que si vous décidez d’accueillir des poussins, votre cheptel va augmenter. Il faudra gérer le nombre de poules et de coqs au risque d’une surpopulation qui ne sera bonne ni pour vos poules, ni pour votre jardin. Il faut en être conscient au moment de laisser ses poules couver et savoir que parfois il n’y a pas d’autre solution que la hache quand on n’arrive pas à écouler le surplus de poules ou de coqs. Cela est très intéressant quand on élève des poules pour leur chaire, ça devient beaucoup plus gênant quand ce n’était pas prévu et qu’on a tendance à s’attacher…

Il faudra leur trouver une place une fois grands…

Législation

Nous aussi sommes des animaux sociaux et pour bien cohabiter, il y a certaines lois à respecter…
Il faut tout d’abord savoir que les poules ou autres animaux de basse-cour, qu’elles soient destinées à la consommation d’œufs, de chair, ou d’ornement sont considérés par la loi comme des animaux de compagnie, ceci jusqu’au nombre limite de 50, dans un cadre familial, donc non professionnel. Sur le principe, n’importe qui peut élever des poules dans son jardin, et y installer un poulailler.
Contactez toujours votre commune au préalable pour en connaitre les réglementations particulières car certaines demandent que les poulaillers soient répertoriés (certaines interdisent même les coqs) et tenez aussi compte
des règlements d’urbanisme en vigueur (clôture, chape en béton,…).

Dans tous les cas, pour garder une bonne ambiance avec vos voisins, prévenez-les de l’installation de votre futur poulailler et proposez-leur d’entrée de jeux votre surplus d’œufs, ça peut aider à supporter le chant d’un coq…

Jeune poule Brahma.

Vous savez maintenant tout ce qu’il faut pour accueillir dignement des poules dans votre jardin et leur garantir une belle vie en bonne santé. Si vous leur fournissez tout le confort dont elles ont besoins, vos poules vous fourniront en retour non seulement des œufs d’une qualité incomparable avec ceux vendus dans les commerces, mais aussi de l’amendement pour votre potager, une assistance au jardin, un service de tri des déchets, leur compagnie, des cours de drague et d’éducation sexuelle, des fous rires, des moments de complicité, … Tout cela vaut bien que l’on prenne correctement soin d’elles, vous ne trouvez pas ?

Votre coach, Harmony.


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2 commentaires sur “Des poules au poil!