Comment réussir ses plantations? 3


Agrémenter son jardin avec de nouvelles plantes est un réel plaisir, mais il peut vite se transformer en déception si la nouvelle arrivante dépérit et finit par mourir…

On a bien sûr envie de voir s’épanouir notre nouvel occupant du jardin et pour cela, il suffit d’avoir les bons gestes, et ce avant l’acquisition du sujet.

Préparez votre terrain, idéalement bien avant l’arrivée de la plante. Le sol doit être désherbé, aéré et nourrit. Vous connaissez ma méthode, je laisse bosser la nature en déposant simplement un épais mulch sur une couche de carton à l’endroit de la future implantation. Bon ok, cela prend du temps, mais au final on obtient un sol désherbé, aéré et équilibré, tout prêt à accueillir et à nourrir une plante, un arbuste ou un arbre. Si vous n’avez pas le temps de laisser faire la nature, sortez votre bèche 😉

Choisissez correctement votre plante en fonction de son futur emplacement.
Les critères de sélection sont le type de terre (plutôt sableuse ou argileuse ?), son pH (sol calcaire, neutre ou acide ?), l’exposition lumineuse (zone d’ombre, de mi-ombre ou ensoleillée ?), l’emplacement disponible (petite ou grande plante ?),…. Si vous choisissez une plante qui n’est pas adaptée aux conditions de son emplacement, elle ne s’épanouira jamais, que du contraire, elle risque même de ne pas survivre.
Préférez  les variétés régionales ou indigènes, elles sont naturellement adaptées à notre climat, ainsi que les variétés résistantes aux maladies, surtout pour les rosiers, arbres et arbustes fruitiers.

Lors de l’achat, vérifiez bien l’état du système racinaire de la plante. C’est le moyen d’ancrage de celle-ci, mais aussi son système nourricier. Il doit être suffisamment développé et vigoureux mais ne doit pas être à l’étroit dans son pot.  Si les racines dépassent du pot et sont enroulées cela veut dire que la plante est depuis trop longtemps dans son contenant ; on risque alors de blesser et casser les racines lors de sa transplantation et de surcroît, elles seront sans doutes déjà affaiblies et auront du mal à correctement se développer une fois dans le sol.

Ma sélection du jour: des vivaces et arbustes adaptés au sol et à l’exposition de leur futur emplacement.

Généralement, la période de plantation idéale est en automne. Les plantes ont ainsi tout l’hiver, période de repos végétatif, pour développer leur système racinaire. On peut toutefois installer les plantes en conteneur  pratiquement toute l’année. La plantation et l’achat d’arbres et d’arbustes en racines nues sont à proscrire au printemps et en été puisque la végétation n’est alors plus en dormance. Suivez les articles « que faire au jardin » pour savoir quoi planter à quel moment 😉

Si les plantes en conteneurs  peuvent patienter entre l’achat et la plantation, les arbres et arbustes à racines nues devront quand à eux être installés les plus rapidement possible après l’achat. Il ne faut surtout pas que les racines se dessèchent.
Dans le cas où la plantation est impossible pour des raisons climatiques ou personnelles, plusieurs solutions s’offrent à vous. La première consiste à conserver les arbres quelques jours dans un local frais à l’abri du gel en recouvrant les racines d’un linge humide. La seconde solution est la mise en jauge qui est en quelque sorte une plantation temporaire. Choisissez un endroit à l’abri d’un mur ou d’une haie pour creuser un trou, y déposer l’arbre et recouvrir les racines de terre légère ou de sable.

Autre point à ne pas négliger: l’acclimatation. Lorsque vous achetez une plante, celle-ci n’a généralement pas été « habituée » à l’extérieure. Avant d’arriver chez vous, elle était certainement soit dans une serre, soit dans le magasin (ou du moins rentrée pour la nuit). Ne la plantez pas directement si les conditions extérieurs sont trop extrêmes (trop chaudes ou trop froides). Placez-la d’abord un jour ou deux à l’extérieur mais à l’abri du froid (contre un mur qui restituera un peu de chaleur la nuit, voire à l’intérieur si de grosses gelées sont annoncées pour la nuit) ou du chaud (à l’ombre) afin qu’elle s’habitue doucement. Vous éviterez ainsi de voir votre nouvel achat brûlé par le gel ou le soleil.

Avant d’installer vos plantes à leur emplacement définitif, n’oubliez pas des les acclimater et de bien les bassiner.

Vous l’avez bien compris, il existe différent moyen de « conditionnement » pour nos plantes. On peut les trouver en conteneur, en motte ou à racines nues. La manière de planter diffère selon le type de conditionnement. Les plantes en motte ont leurs racines protégées soit  avec de la paille, soit avec de la terre, elles seront donc plantées comme les plantes à racines nues ou comme les plantes en conteneur selon les cas.

Pour planter les arbres et arbustes à racines nues :

S’il y en a, coupez les racines abîmées, raccourcirez toutes les autres de quelques centimètres. Pratiquez une coupe nette avec un sécateur bien affûté, vous favoriserez l’émission de radicelles.

Creusez l’espace de plantation. Si votre terre est mauvaise, profitez-en pour l’ameublir  en profondeur et l’enrichir avec un compost bien mûr, ce qui aidera à la reprise.

Délimitez ensuite la profondeur en déposant une première fois la plante dans le trou. Elle doit être enterrée UNIQUEMENT jusqu’au collet (partie de transition entre les racines et le début du tronc). Vérifiez bien qu’il arrive au niveau de votre sol, il ne doit être ni trop profond ni pas assez enfoncé. Il vaut mieux planter trop haut que trop bas, car planté trop bas le collet risque de faire des rejets intempestifs ou le plus souvent de mourir, tout simplement par asphyxie.

Le collet de la plante doit rester en surface!

Un bon pralin stimule et aide la reprise des plantes.

Après avoir jaugez la profondeur, préparez un pralin, il s’agit d’une préparation qui stimule et aide la reprise, en englobant les racines de la plante, celles-ci partent avec un capital de « nourriture » et d’humidité suffisante pour repartir en terre. Pour cela, mélangez de l’eau, de la terre meuble, et si vous en avez à disposition, de la bouse de vache ou du fumier de cheval (pensez à les prendre frais, car ils contiennent de l’auxine, hormone qui stimulera la croissance) pour créer une pâte épaisse.

Pour une recette encore plus optimum vous pouvez remplacer la terre par de l’argile, faire macérer du saule dans votre eau 24h avant, et ajouter de la corne broyée.

Enrobez les racines en les trempant délicatement dedans.

Si la plante nécessite un tuteur, insérez- le dans le trou avant d’y mettre la plante pour être sûr de ne pas abimer les racines. Choisissez de l’installer du côté du vent dominant pour assurer la résistance de la plante ou de « trianguler votre plante avec plusieurs tuteurs.

Différentes techniques de tuteurage.

 

Glissez la plante dans votre trou. Recouvrez de terre en secouant régulièrement le tronc pour que la terre se répartisse correctement. Ajoutez de la terre et tassez jusqu’à ce que le collet arrive bien à fleur du niveau du sol. Réalisez une cuvette d’arrosage grâce à un « bourrelet » de terre, cela guidera l’eau vers la plante et permettra le maintient du mulch. Arrosez copieusement afin de bien coller les particules de terre aux racines et tassez la terre (sans trop exagérer).

Réalisez une « cuvette d’arrosage » pour bien guider l’eau d’arrosage vers votre plante.

Enfin, attachez la plante au tuteur en nouant de la ficelle pour arrimer correctement le tronc. Pensez à choisir de la ficelle organique, qui vous assurera de ne pas étrangler la plante dans le temps de par sa qualité biodégradable.

Réalisez un mulch en couvrant de paille (ou autre matériau carboné) qui garde la terre fraiche et humide. Par la suite, arrosez régulièrement durant la première année au minimum (plus en cas de sécheresse).

 

Pour les plantes en conteneur :

Creusez l’espace de plantation en prévoyant un trou d’environ 20 à 30% de plus que le volume du pot. Si votre terre est mauvaise, profitez-en toujours pour l’ameublir et l’enrichir.

Si nécessaire, améliorer votre terre selon les exigences de la plante (ici mélange de terre et de compost).

Délimitez ensuite la profondeur en déposant une première fois la plante dans le trou. Comme pour les plants à racines nues, la plante doit être enterrée UNIQUEMENT jusqu’au collet.

Certaines plantes nécessitent un fond drainant, si tel est le cas, placez un matériau drainant au fond du trou (pouzzolane, sable, gravier,…).

Si nécessaire, placez un tuteur dans le sol, pensez à le mettre de biais pour qu’il ne touche pas les racines.

 

Si la motte est fort comprimée, que les racines sont enroulées, aérez-la un peu grâce à vos doigts et démêlez les racines. Procédez avec précautions pour ne pas abîmer ces dernières.

Glissez ensuite la motte dans le trou puis recouvrez de terre. Tassez régulièrement pour stabiliser la terre. Contrôlez que le collet arrive bien à fleur du niveau de la terre.  Arrosez copieusement. Réalisez le paillage. Par la suite, arrosez régulièrement si nécessaire durant la ou les deux premières années.

Si votre plante était déjà pourvue de son tuteur, vérifiez-bien que les liens de celui-ci ne sont pas en train d’étrangler la tige et changez-les si nécessaire.

Voilà, vous savez maintenant comment procéder, il ne reste plus qu’à vous y mettre !

Votre coach, Harmony.

PS: Vous souhaitez en apprendre plus en ma compagnie? Sachez que je vous propose de nombreux ateliers thématiques sur le jardinage au naturel pour vous aider à mieux entretenir et comprendre votre jardin.


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3 commentaires sur “Comment réussir ses plantations?

  • Colette Frischoff

    Arrivée par hasard sur votre site. Merci pour vos articles interessants et souvent pleins de poésie !
    Hélas je n’ai pas de jardin mais des balconnets de 30cm sur lesquels je fais pousser basilics, menthe, verveine, thym, romarin et persil. Mais aussi des salades , des tomates et des poivrons en jardinières et en pots. J’ai essayé de cultiver en petit bac hydrophone mais l.installation en alimentation eau et électricité était trop compliquée à mettre en œuvre.

    • Harmony Auteur de l’article

      Ce n’est pas évident de cultiver des plantes en pots, contrairement à celles en pleine terre elles ont besoins de soins constant.
      Mais si vous êtes en « manque » de jardin, renseignez-vous, il existe certainement un jardin collectif près de chez vous ou le moyen d’en créer un 😉